Après avoir entretenu le suspense quant à sa désignation parmi «le comité des sages» du panel de médiation et de dialogue dirigé par Karim Younès, Abdelaziz Rahabi a tranché. Il n’en fera pas partie.

La réponse a été apportée par le concerné lui-même, à quelques heures seulement de l’installation officielle dudit comité des sages, désormais appelé «le conseil consultatif». Dans ce qui s’apparente à une non-adhésion à la démarche de dialogue telle que menée actuellement, l’ancien ministre de la Communication sous Liamine Zeroual et les premiers mois d’Abdelaziz Bouteflika en 1999, a usé d’un langage diplomatique envers l’ancien président de l’Assemblée populaire nationale (APN). Est-ce suffisant pour déduire que le diplomate de parcours a été sollicité pour faire partie du «conseil consultatif» appelé à constituer une instance morale du panel ?
C’est a priori ce que suggère la com’ de Rahabi à travers son dernier tweet. «Je souhaite tout le succès à Karim Younès, mais je m’en tiens à Aïn Benian : des mesures de confiance et d’apaisement et instance indépendante d’organisation, de contrôle et de proclamation des résultats des élections. Je ne suis pas sûr que les Algériens iront voter sans ces garanties», a-t-il écrit.
Le propos est d’autant plus intéressant venant du coordinateur de la conférence nationale de dialogue, organisée le 6 juillet dernier par les «Forces du changement», et dont même les initiateurs les plus acharnés n’avaient pas tardé à déclarer l’«initiative mort-née».
C’est le cas du Front de la justice et le développement (FJD) du leader islamiste Abdallah Djaballah, qui n’avait pas manqué de charger Abdelaziz Rahabi sitôt clôturés les travaux de ladite conférence. Aussi bien par la voix du président du parti que par celle de son député, Lakhdar Benkhelaf, le FJD n’a pas ménagé ses critiques sur la manière avec laquelle Rahabi a dirigé les travaux de la conférence. Le député du FJD avait, rappelons-le, reproché à Abdelaziz Rahabi d’avoir «empêché la lecture du texte de la plateforme à l’ouverture des travaux de la rencontre, comme il aurait dissuadé des personnalités de prendre part à la rencontre». Dans le détail, Benkhelaf expliquait que l’avocat Mustapha Bouchachi «devait participer à la rencontre. Il est rentré vendredi soir de l’étranger. Mais lorsqu’il a pris attache avec Abdelaziz Rahabi pour obtenir une copie de la plateforme, ce dernier lui a dit que le document ne sera pas lu lors de la conférence. C’est pourquoi il a refusé d’y prendre part». Dans sa réaction aux accusations du FJD, Rahabi a tenté d’éviter la polémique. «Je ne veux pas que cette question soit l’objet d’une polémique. J’ai écouté des parties qui critiquent ma gestion des travaux en me reprochant de ne pas avoir autorisé la lecture de la plateforme dès l’ouverture de la conférence. Je ne l’ai pas fait pour une simple raison, le document n’était qu’une première mouture qui nécessitait un enrichissement lors de la rencontre. C’est très logique», s’est-il défendu. Et signe de divergence de taille, Abdelaziz Rahabi a considéré que «la conférence était une réussite dans la mesure où les participants sont sortis avec un accord commun, adopté par 11 partis et 30 syndicats», alors que ses partenaires du FJD décrétaient la fin des «forces du changement» faisant une évaluation plus négative de la rencontre.