Par Bouzid Chalabi
La question de la cherté des billets d’avion de et vers l’Algérie continue de se poser avec acuité, notamment chez nos ressortissants à l’étranger. Et pourtant, nombreux parmi ces derniers s’attendaient à ce que cette tendance change après l’annonce du Premier ministre Aïmene Benabderrahmane de l’ouverture d’une enquête sur le sujet car, estimant à l’époque (début novembre dernier) que «certains tarifs sont exagérés», et promettant même que des décisions seront prises.
A ce jour, aucun élément d’information n’a filtré pour savoir tout au moins où en est l’enquête. Selon des sources concordantes, aucun responsable d’Air Algérie ne peut se prononcer sur le sujet «au risque de se voir rappeler à l’ordre, voire même faire l’objet d’une sanction, tant un climat vicié s’est installé à tous les niveaux de décision de la compagnie nationale». Du coup, c’est à se demander la revue à la baisse des tarifs est à exclure pour encore longtemps, d’autant que le pavillon national traverse une situation financière très délicate. Sur ce dernier point, on apprend que des avions restent cloués au sol faute d’entretien, «le service maintenance est en manque de pièces et autres équipements», explique notre source.
Pour revenir à la question de la cherté des billets sur les vols internationaux, chacune des parties prenantes y va de son commentaire, mais l’approche la plus tangible repose sur deux facteurs, les surcoûts d’exploitation et une taxation excessive. Si, pour le premier facteur, cela va demander un effort de management interne pour les réduire, par contre, nul doute que c’est aux pouvoirs publics d’intervenir pour le second.
En somme, la conjugaison de ces deux options est à même de permettre aux dirigeants du pavillon national de décider une revue à la baisse de leur tarification sur les billets d’avion, mais risque de prendre du temps. D’ici là, les autres compagnies vont agir et rafler un maximum de sièges à Air Algérie et, par ricochet, celle-ci subira des pertes sèches dans son chiffre d’affaires. Dans ce contexte, la compagnie aérienne Volotea (low cost) ne sait pas fait attendre pour se lancer dans la course des parts de marché à gagner sur les vols entre l’Algérie et la France. En effet, la low cost inaugure son premier vol aujourd’hui de Marseille vers l’aéroport d’Oran.
Tandis que son premier vol pour Alger, à partir de Bordeaux, est programmé le 23 décembre, sauf changement de dernière minute. Les prix des billets sur ces vols défient toute concurrence, soit 290 euros pour un aller simple et 350 euros en aller-retour. On peut déduire facilement que les réservations sur ces deux vols sont closes en un temps record. Ce sera le même scénario pour les vols programmés en janvier et février 2022.Tout cela, dans l’attente d’un retour en force d’Air Algérie. C’est d’ailleurs ce qu’espèrent nos ressortissants. <