Par Bouzid Chalabi
C’est une règle élémentaire dans la gestion de toute entreprise à caractère économique et commerciale : en situation financière délicate le recouvrement des créances devient une priorité absolue. Ainsi, dans cette logique, la Société nationale de l’électricité et du gaz (Sonelgaz) gagnerait donc à recouvrer ses créances tout au moins en partie, car au dernier décompte, fin mars 2021, les créances de l’entreprise s’élèveraient à 180 milliards de dinars.
Devant un tel montant qui occasionne un grave préjudice financier à la société, son PDG Chahar Boulakhras n’écarte pas le recours aux coupures d’électricité aux abonnés ayant accumulé des factures impayées. C’est du moins ce qu’il a avancé lors de son passage, hier, sur les ondes de la radio de Sétif. «On n’a plus le choix dès lors où l’on avait espéré qu’à travers la mise en place d’un plan spécial de règlement par échéance des factures impayées pour les abonnés ayant accumulé des retards de paiement de leur relevé de consommation d’énergie cela allait se traduire par une baisse sensible de nos créances. Cela n’a pas été le cas», déplore le PDG. Rappelant également que «nos créances s’élevaient seulement à 60 milliards de dinars avant l’avènement de l’épidémie depuis, elles sont passées à 180 milliards de dinars». Un bond causé en grande partie, selon l’invité de la radio, «par les mesures de confinement ; car pendant les cinq premiers mois de cette période, les prélèvements sur compteur n’ont pas été effectués, remettant ainsi à plus tard l’établissement de facture à nos abonnés. Mais toujours est-il que depuis, la situation s’est nettement améliorée bien que des abonnés n’ont toujours pas honoré leurs factures. Malgré cela, nous avons continué d’exclure l’option de coupure de courant électrique». Et de lâcher enfin dans ce sens : «Nous n’avons plus d’autres choix que de procéder aux coupures de courant chez les abonnés qui n’ont pas encore réglé leurs anciennes factures».
Interrogé sur le plan d’urgence que compte mettre en place Sonelgaz pendant le mois de Ramadhan et la saison estivale, Chahar Boulakhras a indiqué qu’en prévision de ces deux périodes «ce sont 2 700 mégawatts supplémentaires qui seront injectés dans le réseau de distribution. Mais pas seulement, puisque nous comptons également dans le cadre de ce plan d’urgence la mise en place de 130 transformateurs à haute tension ainsi que 4 000 km de réseau supplémentaire». Concernant la distribution en gaz, le responsable a indiqué que le raccordement au niveau national a atteint les «65% alors qu’il était à 26 %, il y a quelques mois». Une hausse qui s’explique, selon le responsable, par le raccordement de plusieurs zones d’ombre et où pas moins de 150 000 foyers ont été concernés».
Notons que le PDG du groupe Sonelgaz a insisté, lors de sa visite de travail dans la wilaya de Sétif, sur le fait que le prochain défi en matière d’énergie électrique va consister en la réalisation de centrales électriques et la fabrication d’équipements. A ce propos, il a souligné que «la bataille de la production électrique par le Groupe Sonelgaz et ses filiales a été remportée à travers le territoire national, en attendant les programmes d’énergies renouvelables pour le renforcement des réseaux de production». Ajoutant dans ce sens : «Le prochain défi dans ce domaine consiste en la réalisation de centrales électriques et la fabrication des équipements.» Non sans annoncer dans la foulée «le nouveau défi consistera à augmenter le taux d’intégration nationale en matière de réalisation de centrales électriques et de fabrication d’équipements». Sur ce dernier point, il a précisé que «c’est dans le cadre de cette dynamique, adoptée par le Groupe Sonelgaz, que s’inscrit, à titre d’exemple, la réalisation à Biskra, en partenariat avec la Corée du Sud, de la première centrale électrique utilisant des turbines fabriquées en Algérie. Toujours dans ce même contexte, le PDG a enfin avoué qu’«il reste encore beaucoup à faire si l’on veut augmenter le taux d’intégration et relever le défi en matière de production énergétique et de fabrication».