Par Kahina Sidhoum
Déclassée depuis 2007 et retirée du réseau d’exploitation de Sonelgaz en janvier 2019, la centrale électrique de Béchar le sera bientôt définitivement des actifs du groupe. D’une faible capacité de puissance (24 MW), construite en 1956, cette unité fonctionnait au fioul et ne répondait plus aux besoins énergétiques de la localité et de la région. Depuis 2010, le site devait être classé sur la liste du patrimoine industriel de la région et le dossier pris en charge par la Direction régionale de la culture dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine matériel, mais il semble que ce projet n’est plus à l’ordre du jour. En revanche, on en sait davantage sur le plan socioprofessionnel et l’avenir d’une quarantaine d’agents Sonelgaz qui y sont encore employés.
Dans une déclaration à l’APS, Sabri Lezhari, le PDG de la Société algérienne de production de l’électricité (SPE), filiale en charge des sites de production d’électricité du groupe Sonelgaz, a indiqué que ce personnel va être redéployé sur les sites de Hassi R’mel et Hassi Messaoud. Cette décision est la «seule solution légale et envisageable» en vue de préserver les emplois, a ajouté Sabri Lezhari. Le transfert des agents a été «bien étudié » et entériné par le Conseil d’administration en présence du partenaire social et «en tenant compte de la préservation des droits et acquis sociaux des employés», a-t-il encore souligné. Sauf que ce choix ne semble pas satisfaire les concernés, qui n’ont pas encore réagi à l’annonce de leur transfert.
«Nous ne pouvons pas maintenir tous ces employés au niveau d’une centrale qui est à l’arrêt et retirée officiellement d’exploitation. Nous avons saisi à deux reprises les travailleurs à travers l’envoi d’une fiche de voeux pour leur permettre de choisir un site de production qui leur convienne. Mais jusqu’à présent, ils n’ont pas encore répondu», a indiqué le PDG de la SPE. Ce dernier a fait savoir que des responsables du Pôle Ouest de la SPE, dont dépend la gestion de cette unité, ainsi que le Directeur des ressources humaines se sont déplacés le 29 juin dernier pour se rapprocher des travailleurs et les sensibiliser sur la nécessité d’adhérer à ce plan de redéploiement qualifié «d’inévitable» et prévu, selon lui, par la convention collective signée avec le partenaire social. La société mère avait été informée de cette décision au même titre que la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (GREG), a-t-il encore précisé.
Parmi la quarantaine d’employés devant être transférés sur les sites de Hassi Messaoud et de Hassi R’mel, neuf d’entre eux seront maintenus sur place. Il s’agit d’électriciens âgés de plus de 55 ans d’âge et en situation de préretraite.