Des projets de raccordement au gaz et à l’électricité en faveur des zones d’ombre, des agriculteurs et des investisseurs au niveau des zones industrielles, dans le but de promouvoir l’activité économique dans ces régions et de créer des emplois, sont en voie d’achèvement tandis que d’autres ne sauraient tarder à être lancés pour peu que certaines conditions soient réunies. «La preuve que Sonelgaz accorde la priorité aux zones d’ombre», a témoigné le PDG du groupe public Sonelgaz, Chahar Boulakhras, lors la rencontre des managers des sociétés métiers filiales de Sonelgaz qui s’est tenue hier à Alger.

Par Bouzid Chalabi
Auparavant, le ministre de l’Energie et des Mines Mohamed Arkab a, dans son discours, mis en avant l’impératif de poursuivre les efforts et de relever les défis à venir en matière de distribution électrique en tout point du pays ainsi pour le gaz «lorsque que cette technique est possible», a-t-il confié. Dans cette perspective, le ministre n’a pas manqué de souligner les priorités et les objectifs à atteindre pour concrétiser le programme du président de la République, visant à la «satisfaction des besoins énergétiques fondamentaux des populations et du pays et d’assurer aux citoyens un cadre de vie de qualité, à travers la garantie à l’accès à l’électricité et au gaz». Comme il a insisté dans ce contexte sur deux axes importants, à savoir le désenclavement des zones d’ombre, le raccordement des activités créatrices de richesse et d’emploi, notamment le secteur de l’agriculture, les investisseurs et les industries diverses. Arkab s’est aussi prononcé sur l’importance d’accorder une attention particulière à «la réalisation des ouvrages énergétiques indispensables pour garantir le passage de l’été 2021 dans de bonnes conditions de qualité et continuité de service».

Créances de Sonelgaz estimées à 148 milliards de dinars
Le ministre a, par ailleurs, évoqué l’épineux problème de recouvrement des créances de Sonelgaz qui, selon lui, sont estimées à 148 milliards de dinars. Sur ce dernier point, Arkab a assuré que le gouvernement est sensibilisé à ce sujet et que des solutions seront trouvées pour leur recouvrement.
Notons que le ministre est longuement revenu sur l’importance de la modernisation et de l’innovation que le groupe Sonelgaz inscrit dans son programme, expliquant que «l’Algérie se trouve aujourd’hui confrontée à un choix dans sa transition économique et énergétique. Nous devons faire face à une demande croissante en énergie, tout en assurant l’avenir des générations futures en matière d’approvisionnement énergétique». Toujours dans le même ordre d’idées, il a mis en exergue l’importance d’une bonne gestion du capital humain dans les activités de Sonelgaz, déclinant plusieurs axes d’actions. Citant en l’occurrence «un suivi rigoureux de la gestion des carrières des effectifs, une intensification et généralisation des actions de formation dans les domaines de compétence, un encadrement et un transfert de savoir-faire». Cela «pour préparer un vivier de relève et une meilleure qualité du management qui permettra une mobilisation efficace des équipes», a enfin relevé le ministre.

Sonelgaz : bilan exercice 2020
Pour revenir à l’allocution du PDG de Sonelgaz, ce dernier a livré le bilan de l’exercice 2020 de son entreprise. A ce titre, il a fait état du raccordement de 33 000 foyers en zones d’ombre, d’investissement pour la mise en service de 3 700 MW pour 2021. Toujours dans ce même registre, Boulakhras a révélé que ce sont 5 000 emplois créés par son groupe à travers ses 6 000 prestataires de service. Concernant la production atteinte en 2020, elle s’est élevée à 9 000 MW. «Nous comptons atteindre les 16 000 MW à moyen terme, compte tenu de la demande appelée à croître», a annoncé le PDG.

Stratégie de déploiement de Sonelgaz
Selon Boulakhras, Sonelgaz compte mettre en place un projet prioritaire dénommé «Sonelgaz 2035», orienté vers l’amélioration des compétences dans les différentes filières du groupe et qui porte également sur une meilleure focalisation sur les missions dévolues à l’entreprise. «L’objectif recherché à travers «Sonelgaz 2035» étant d’arriver à fournir une énergie fiable et responsable et assurer un service public de qualité et contribuer au bien-être des clients et au développement durable partout où nous opérons», a conclu le PDG.
Interrogé en marge de la rencontre sur les pertes sur le réseau national de distribution électrique, il a précisé qu’au dernier décompte elles s’évaluent entre 18% et 20 % des quantités produites par Sonelgaz. «Nous visons à court terme un taux de perte de 13,5% afin de nous rapprocher des standards internationaux en la matière», a-t-il confié. Sur la question de savoir si le groupe public s’était préparé à répondre à la forte demande en électricité pendant le mois de Ramadhan, qui est tout proche, et surtout pendant la période estivale, le PDG a annoncé tout de go «la mise en place d’un plan spécifique pour la période du mois de Ramadhan et de la période estivale. Lequel plan sera exécuté par nos équipes relevant des services de la production afin d’éviter à notre large clientèle domestique les désagréments engendrés par des séquences de délestage». Non sans lancer enfin dans la foulée : «Il est impossible d’avoir zéro coupure, mais tout ce que je peux assurer c’est qu’il y aura une nette amélioration par rapport aux années précédentes.»
Rappelons enfin que le responsable de la production et de la distribution au sein de Sonelgaz a mis en exergue dans son exposé les avancées du groupe durant la dernière décennie (2010-2020), non sans : «Sonelgaz rencontre ces cinq dernières années des difficultés à financer des projets d’équipements et notamment de poursuivre les actions engagées.» Toujours au chapitre des contraintes, le responsable a révélé que plusieurs projets sont bloqués par la faute d’opposition de propriétaires de terrain inclus sur le tracé du projet».