Grande surprise de la fin de la semaine écoulée: Chaher Boulakhras, fringant ex-numéro 1 de Sonelgaz est débarqué et remplacé par Mourad Adjal à la tête de l’entreprise. Pourquoi ce limogeage suivi d’un remplacement ? Personne au sein du ministère de l’énergie n’a cru nécessaire de mettre l’opinion au courant de ce bouleversement inattendu au sein du top management d’un groupe au cahier des charges considérable et au cœur d’enjeux économiques et commerciaux importants.

Par Khaled Remouche
Sans justifier les raisons de ce changement, les autorités viennent de nommer Mourad Adjal comme nouveau PDG de Sonelgaz. Il remplace Chaher Boulakhras à la tête de la compagnie nationale d’électricité. En installant jeudi dernier le nouveau PDG de Sonelgaz, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, a vanté les compétences du nouveau premier responsable du groupe. « C’est un enfant de la société et parmi les meilleurs de ses responsables ». Mourad Adjal était avant sa nomination PDG de la Sadeg, filiale à 100% de Sonelgaz, chargée de la distribution, la division la plus sensible. Un poste politique dans la mesure où les autorités sont très regardantes sur la qualité de l’approvisionnement en électricité et en gaz de la population.
« Mourad Adjal est un ingénieur électronicien, diplômé de hautes études en France dans le domaine. Il a cumulé une longue expérience de manager dans diverses activités et une expertise dans les activités principales du groupe », détaille un spécialiste du secteur. Le ministre n’a pas fourni les raisons du limogeage de Chaher Boulakhras ou de ce changement. Ce dernier pourrait être appelé à exercer d’autres fonctions supérieures. Mohamed Arkab n’a pas manqué, au cours de la cérémonie, de fixer les objectifs de la mission de Mourad Ajal à la tête de Sonelgaz, sur lesquels il sera évalué. Il sera appelé à poursuivre le parcours d’évolution et de modernisation de la société et des programmes dans le cadre de la mise en oeuvre du programme du Président de la Répubilque. A garantir également l’approvisionnement des différentes régions du pays en gaz et électricité, à améliorer la maîtrise des coûts et à réduire les délais de réalisation des projets et investissements et à réaliser la numérisation de la compagnie. Mourad Adjal s’est engagé à relever ces défis en fonction des besoins des partenaires et des clients et à mobiliser le personnel pour réaliser ces objectifs.
Chaher Boulakhras avait engagé plusieurs chantiers, en particulier, le redéploiement de Sonelgaz à l’international à travers l’exportation de biens et services vers l’Afrique et le Moyen-Orient et l’intégration des principaux équipements en Algérie, notamment les turbines à gaz et les radiateurs, fabriqués localement, en vue de réduire les coûts des projets. Il avait finalisé la stratégie Sonelgaz 2035 qui vise à faire de cette dernière le leader du marché des énergies renouvelables en Algérie à cette échéance avec 30% de ce marché et à numériser toute la compagnie en 2026. Cette voie sera-t-elle poursuivie par son successeur ?
Au demeurant, le nouveau PDG de Sonelgaz aura à gérer une situation financière délicate, une dette astronomique qui la mettrait en faillite sans l’appui de l’Etat. Des créances sans précédent, de 180 milliards de dinars, qu’il faudra récupérer, poursuivre le programme de raccordement des zones d’ombre au gaz et à l’électricité, surveiller comme un pot-au-feu et intervenir, auquel cas, à l’offre et la demande en électricité et à la qualité de l’approvisionnement de la population. Il aura à régler l’épineux problème de l’excédent de l’offre par rapport à la demande tout au long de l’année, à l’exception des pics de la demande en été, soit un jour ou quelques jours. Que faire de cette électricité excédentaire en dehors de l’été ? Il aura enfin à réussir la transformation de Sonelgaz en compagnie énergéticienne, appelée à produire de plus en plus de kilowatts à partir du solaire. A court terme, les clients attendent une amélioration de la qualité de service au niveau des agences commerciales.