Un important bouleversement managérial transformera la compagnie publique de l’électricité et du gaz, Sonelgaz, à la faveur du feu vert donné par l’Etat, son propriétaire, de regrouper toutes ses filiales et de les reconfigurer en 16 sociétés qui graviteront autour de la maison mère.

Cette organisation s’annonce comme un bilan critique d’un fonctionnement qui a débuté en 2003 à la faveur de la grande réforme opérée dans le secteur par l’ex-ministre de l’Energie Chakib Khelil. Cette réforme dont le coeur de cible était de filialiser au maximum les métiers des électriciens et des gaziers de Sonelgaz avec la perspective et l’espoir surtout de voir le marché de l’électricité algérien s’ouvrir à l’investissement privé, mais n’a pas abouti ni atteint les objectifs souhaités.
Sa meilleure réussite a été de créer des joint-venture pour la production d’énergie et de permettre aux gros industriels privés, tel Cevital par exemple, de s’équiper eux-mêmes avec des équipements leur permettant de générer par eux-mêmes l’électricité dont ils ont besoin. Son échec a été de se heurter à un consommateur algérien encore habitué à un bas prix de l’énergie, voire carrément symbolique pour la majorité des abonnés – quand ces derniers ne considèrent pas l’accès à l’électricité comme allant de soi et comme un cadeau de l’Etat providentiel. Il a été de constater que le marché de la génération électrique n’est pas encore au stade de devenir attractif pour les capitaux privés et de se rabattre sur l’idée et l’action que c’est encore l’Etat qui doit assurer pendant quelques années le service public dans ce domaine, ce qu’il a fait de manière extraordinaire depuis la fin des années soixante : rares, en effet, sont les pays comme l’Algérie qui peuvent se targuer d’un taux d’électrification de plus de 95%.
La nouvelle organisation annoncée et qui sera supervisée et conduite par deux « électriciens », le ministre de l’Energie Noureddine Bouterfa et l’actuel P-DG de Sonelgaz, Mustapha Guitouni, doit aboutir à une meilleure rationalisation de la ressource alors qu’elle vient à manquer en raison du bas prix de l’électricité et de la difficulté de l’Etat de continuer à assurer la subvention importante qu’il apportait au secteur lorsque les prix des hydrocarbures étaient meilleurs qu’ils ne le sont maintenant.
Elle doit aboutir à un meilleur développement des métiers du secteur alors que partout dans le pays, avec les départs à la retraite de cadres, ingénieurs et techniciens, se pose la sérieuse question de la relève. A suivre.