Un «plan» de recouvrement est prévu par la compagnie qui se plaint de créances de plus en plus lourdes, notamment auprès des particuliers. Certains risquent d’être privés de courant en cas de non-paiement.
L’entreprise Sonelgaz a fait savoir, hier, par la voix de son Directeur général des travaux et des services Tahar Djouambi, qu’un plan visant au recouvrement des dettes et factures impayées était aujourd’hui lancé. Le responsable, qui intervenait sur les ondes de la chaîne 3 de la radio nationale, a ainsi expliqué que l’entreprise enregistre pas moins de «180 milliards de dinars» de créances auprès des administrations, du secteur tertiaire et des particuliers. Une situation «grave», et un manque à gagner qui «déséquilibre» l’entreprise depuis plusieurs années. La «nouveauté», cependant, dans le contexte de la crise sanitaire et de la suspension des coupures pour impayé, se situe dans la répartition de ces créances, les particuliers représentent ainsi «près de 60 % des impayés». En effet, rappelant que le contexte de la crise sanitaire avait encore aggravé la situation de la Sonelgaz, en limitant entre autres sa capacité à couper les abonnements au bout de 15 jours de non-paiement, Tahar Djouambi explique : «Nous n’avons pas sollicité les abonnés pour les paiements de créances depuis le début de la pandémie.» Il a toutefois annoncé la mise en place d’un nouveau «plan» visant au retour progressif à la «normale». Une stratégie déjà entamée auprès des administrations et qui se poursuivra dans les prochains jours auprès du secteur tertiaire, avant de concerner les «particuliers».
Ainsi, le responsable, qui laisse entendre qu’il s’agit là non seulement d’une nécessité pour la Sonelgaz, mais «si une telle situation venait à durer dans le temps, elle déséquilibre l’entreprise. Nous travaillons à reprendre l’activité de recouvrement après plusieurs mois due à la situation du pays». Par ailleurs, il fait savoir à propos de la procédure qui sera suivie que «nous n’allons pas couper les abonnements» mais «les actions ont commencé, c’est une question de temps. Pour ce qui est des clients du secteur «tertiaire» (commerces et petite activité économique) nous commencerons par les clients qui ont le plus de dettes».
Indiquant ainsi que les abonnés seraient contactés et avec la possibilité de mise en place «d’échéancier de paiement» pour les particuliers qui ne peuvent pas payer. Un «plan de communication» est ainsi lancé, la Sonelgaz accueillera prochainement les clients pour la régularisation des litiges. Une «Stratégie» qui se concentre ainsi sur les impayés des particuliers, qui représentent, aujourd’hui, informe Tahar Djouambi, la majorité du manque à gagner : «Dans les 180 milliards de dinars de créances, nous avons 101 milliards de créances auprès des abonnés ordinaires. Cette créance ne fait qu’augmenter, et l’écart entre ces créances auprès des privés et celles auprès des administrations se creuse, alors qu’elle était auparavant à l’équilibre».
Vers une réforme de la tarification ?
Situation qui pourrait également trouver une forme de «solution» avec une refonte de la tarification, avec pour conséquence, une très certaine augmentation de la facture de l’abonné. Cette éventualité reste de la «seule responsabilité de l’Etat». Le responsable expliquant hier que «chaque année nous informons le régulateur de la situation. Nous donnons l’écart entre le prix de vente et le coût du Kilowatt». Ainsi il indique que le prix de vente du kilowatt est aujourd’hui de 4 dinars, alors que son prix est en moyenne «au-dessus des 5 dinars». Une éventuelle réforme de la tarification est de l’«attribution de l’Etat».
Sur les capacités de production de la Sonelgaz, le responsable a été rassurant, en précisant que la situation de 2012 était aujourd’hui «dépassée», évoquant ici le blackout qui avait alors impacté l’ensemble du pays. Le directeur général des travaux et des services informe que «nous sommes aujourd’hui à 6 000 mégawatts de réserves si nous faisons l’effort nécessaire pour la maintenance du parc existant, c’est un niveau qui donne une bonne marge. Nous sommes en excédent de production». L’exportation de l’électricité et des services était également un objectif concevable : «Nous travaillons à la diversification des recours. L’espoir est aujourd’hui dans l’exportation des services auprès des pays voisins et africains.
Aujourd’hui, nous intervenons déjà auprès de 9 pays africains, nous assurons la formation avec 7 compagnie d’électricité». Quant à l’exportation, «cette question est liée aux réseaux de nos voisins, le nôtre est passé aux 400 kilovolts pour permettre de véhiculer toute l’énergie produite dans le pays». Mais des pistes d’évolution «existent». «Nous avons déjà des contrats avec le voisin libyen, nous échangeons avec les Tunisiens et les Marocains. Et nous avons des tentatives vers l’Europe où nous avons déjà vendu des quantités d’électricité». n