Les plus ciblés sont ceux qui accumulent les factures non réglées. Le premier responsable de la compagnie nationale d’électricité a assuré que les problèmes de financement des investissements ne se posent pas à court terme mais dans le futur, lorsqu’il s’agira de financer de nouveaux projets, en particulier, de centrales électriques.

Par Khaled Remouche

Le PDG de Sonelgaz Chaher Boulakhras, en réponse à une question sur les factures d’électricité, au cours du point de presse organisé aujourd’hui à l’issue de la visite du projet de conduite du système électrique, n’a pas occulté le fait que la compagnie nationale d’électricité rencontre, aujourd’hui, des difficultés en raison en partie des créances impayées directement liées aux effets de la pandémie Covid sur les revenus des ménages et des entreprises. « Les créances impayées s’élèvent à 160 milliards de dinars aujourd’hui. Elles étaient de 180 milliards dinars en 2020, conséquence de la crise sanitaire. Ces créances ont été multipliées par trois. Elles étaient de l’ordre de 60 milliards de dinars en 2019. Sonelgaz cherche aujourd’hui à recouvrer ses créances pour atténuer ses difficultés de trésorerie, a-t-il ajouté. Le PDG de Sonelgaz a averti cette catégorie de clients, les agents de la compagnie vont devoir couper l’électricité aux abonnés qui cumulent plusieurs factures impayées et qui refusent un échéancier de paiement ou le paiement d’une ou deux factures impayées sur 4 ou échéances impayées. Pour ceux qui ont une ou deux factures impayées, il a laissé entendre que la compagnie d’électricité ne leur coupera pas l’alimentation électrique. Cela veut dire vraisemblablement que ces clients devront se présenter pour également négocier un échéancier de paiement plus souple. Ce montant de créances est à l’évidence énorme : l’équivalent d’1 milliard d’euros, soit une très grande proportion du chiffre d’affaires du groupe. La compagnie d’électricité se trouve ainsi en fort besoin de cash pour financer ses investissements dans la capacité de production, le transport et la distribution. Le recouvrement des créances ne suffira pas à financer, loin s’en faut, le lourd programme d’investissement, a précisé Chaher Boulakhras. Sonelgaz compte recourir à d’autres formules de financement. Elle est en discussion avec les autorités, la CREG, pour trouver des solutions de financement de ce programme pluri annuel. Allusion à l’option de l’endettement extérieur, probablement au project financing, pour financer ces grands projets de centrales électriques pour faire face à la demande électrique en forte croissance. Il ne faut pas oublier en ce sens que Sonelgaz traîne une lourde dette estimée à plusieurs centaines de milliards. Sans le soutien de l’Etat, Sonelgaz serait en faillite, a affirmé le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar. L’apport de l’Etat consiste au paiement par le Trésor du différentiel entre le prix de l’électricité à la clientèle et le prix réel, de garantir les crédits octroyés par les banques publiques pour financer les investissements de Sonelgaz. Tous ces appuis de l’Etat permettent à Sonelgaz de poursuivre normalement ses activités, de constituer l’une des locomotives de développement du pays. En matière de transition énergétique, le PDG de Sonelgaz a affirmé que sa compagnie est prête à intégrer en urgence toute production électrique d’origine renouvelable Elle est passée d’une logique gaz-gaz à une tendance gaz-vapeur, avec la réception de plusieurs centrales électriques à cycle combiné qui permettent d’économiser d’importantes quantités de gaz, en attendant sa plus grande implication dans le programme de développement des énergies renouvelables. K. R.