Production et valorisation des hydrocarbures, multiplication de contrats de partenariat, la compagnie nationale des hydrocarbures veut accélérer sa présence à l’international.

Par Hakim Ould Mohamed
Le retour de Sonatrach en Libye et la prolongation de sa licence au Niger témoignent en effet de la volonté de la compagnie nationale des hydrocarbures de se renforcer à l’étranger aussi bien dans l’amont pétrolier et gazier que dans l’aval.
La compagnie publique des hydrocarbures a signé en un laps de temps d’une semaine seulement deux contrats importants. L’un porte sur la reprise de ses activités en Libye où elle opère dans deux blocs, tandis que le second consiste à prolonger sa licence d’exploration au Niger. Ainsi, la semaine dernière aura été riche en coopération et annonces d’investissements, en témoignent les deux contrats en question grâce auxquels Sonatrach entend rajouter de nouvelles cordes à son arc. Le groupe Sonatrach, à travers sa filiale Sipex, a passé, d’abord, des accords avec le Niger, qui portent essentiellement sur la prolongation de son contrat de partage de production (PSC) sur le bloc de Kafra. Sur ce bloc, frontalier avec l’Algérie, Sonatrach détient la licence de Tafassasset. Le groupe public des hydrocarbures avait foré, en 2018 et 2019, deux puits ; le premier (le KFR-1) renferme des réserves de 168 millions de barils de pétrole lourd. Quant au deuxième, le KFRN-1, les réserves prouvées s’élèveraient à 400 millions de barils de pétrole. Le potentiel des deux forages n’est pas négligeable et Sonatrach entend développer davantage sa présence dans l’amont nigérien à la faveur de la prolongation de sa licence d’exploration. L’attribution, à Sonatrach, du permis d’exploration sur Kafra remonte à 2005, lequel est devenu par la suite un contrat de partage de la production, et ce, en 2015. Durant la même semaine, la filiale du groupe Sonatrach, Sipex, a conclu un accord avec la National Oil Corp de Libye pour la reprise de ses activités dans ce pays. En plus des deux blocs dans lesquels il opère en Libye, le groupe Sonatrach lorgne vers de nouveaux champs de pétrole, annonçant une augmentation de ses investissements à 200 millions de dollars en Libye dans les années à venir, contre 150 millions de dollars actuellement. Le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar a déclaré la semaine dernière que son groupe «respecte ses contrats en Libye, des contrats à travers lesquels nous voulons parachever nos engagements contractuels et examiner les voies à même de développer les champs explorés dans les plus brefs délais». Le retour de Sonatrach en Libye et la prolongation de sa licence au Niger témoigne de la volonté de la compagnie de se renforcer à l’étranger aussi bien dans l’amont pétrolier et gazier que dans l’aval. Selon nos sources, le groupe prépare d’ores et déjà ses filiales pour un retour en Libye, puisque des réunions ont eu lieu au lendemain de la visite du PDG de Sonatrach en Libye à l’effet de reprendre la production dans les champs abandonnés. Cela passera, apparemment, selon nos sources, par la rénovation des équipements et leur remise en l’état, ce qui nécessitera quelques semaines de travaux avant la reprise effective de la production. Sonatrach veut ainsi redécoller à l’international, tout en maintenant la dynamique de la production en Algérie pour accélérer la sortie de crise ; le choc pandémique ayant mis à mal l’industrie pétrolière et gazière mondiale. Se renforcer à l’étranger constitue désormais un axe de développement stratégique au groupe Sonatrach. Au mois d’avril 2020, rappelons-le, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui présidait un Conseil des ministres, avait appelé Sonatrach à élargir ses plans d’investissement dans les projets pétroliers à l’étranger afin d’améliorer les recettes de l’Etat. Outre ses investissements dans des champs pétroliers au Niger et en Libye, la compagnie publique entend tirer profit de son investissement dans la raffinerie italienne Augusta qui semble renouer, enfin, avec la rentabilité, en attendant la concrétisation du projet pétrochimique en Turquie qui consiste en la transformation du gaz naturel. <