Le groupe public des hydrocarbures Sonatrach a annoncé, hier, avoir réalisé d’importantes performances sur l’activité aval, plus précisément dans le raffinage. Dans un communiqué qui fait le bilan du précédent exercice, le groupe Sonatrach a indiqué que l’activité raffinage a atteint «d’excellents niveaux» de production des produits pétroliers, précisant, dans la foulée, avoir cessé ses importations du gasoil depuis le mois de mars 2020 et des essences depuis le mois d’août de la même année.
Plus explicite, la compagnie publique des hydrocarbures a indiqué que la production de gasoil a atteint des niveaux records, à 9,5 millions de tonnes, alors que celle des essences un total de 3,4 millions de tonnes. Globalement, l’activité raffinage de Sonatrach a réalisé un bon de 7,4% en 2020 comparativement à 2019 grâce aux quantités de pétrole et de condensat traitées par ses raffineries. Sonatrach a traité, en effet, 29,1 millions de tonnes de pétrole et de condensat durant l’année écoulée, contre un volume de 27,2 millions de tonnes en 2019, lit-on dans le communiqué diffusé par la compagnie. Cette hausse des volumes de pétrole et de condensat traitées est due, en partie, à la montée en cadence de l’activité de la raffinerie d’Alger, ce qui a permis à Sonatrach de cesser ses importations du gasoil depuis le mois de mars 2020 et des essences depuis le mois d’août de la même année, explique le groupe dans son communiqué. La même source précise que Sonatrach a également exporté, pour la première fois depuis la dernière décennie, des volumes d’essences et de gasoil, sans préciser toutefois la destination. Le bilan de Sonatrach contraste, néanmoins, avec les statistiques du commerce extérieur rendues publiques il y a de cela quelques jours, où il était question d’une facture d’importations de l’ordre de 876,81 millions de dollars du groupe Energie et Lubrifiants durant les onze premiers mois de 2020. Le groupe se positionne au 6e rang dans la structure des importations avec une part de 2,79%, soit une valeur de 876,81 millions de dollars. Certes, les importations du groupe Energie et Lubrifiants ont enregistré une baisse non négligeable de 26,17%, mais les importations n’ont pas été totalement arrêtées. A moins qu’il s’agisse d’autres produits raffinés en dehors des carburants. Dans le groupe Energie et Lubrifiants, les huiles non brutes de pétrole ou minéraux bitumineux, qui pèse pour 61% dans ledit groupe, ont connu une tendance baissière prononcée de 60,52% en matière d’importation durant les onze premiers mois de 2020.
De toute façon, même si les importations de carburants ne seraient pas totalement arrêtées, les quantités importées seraient en forte baisse, à en croire le bilan du commerce extérieur de l’Algérie rendu public par l’administration douanière. C’est une bonne chose pour l’Algérie, étant donné que les carburants importés sont subventionnés à coups de centaines de milliards de dinars. Le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a dévoilé, récemment, que le montant des dettes représentant les subventions des prix de carburants importés durant la période 2015-2020 s’est élevé à près de 897 milliards de dinars, dont 145 milliards de dinars en 2020. Sonatrach à elle seule a payé au mois de novembre dernier un montant de 53,4 milliards de dinars aux unités de dessalement de l’eau de mer « sans aucune compensation en contrepartie ». Ainsi, l’arrêt des importations des carburants, tel qu’annoncé par Sonatrach, contribuera non seulement à réduire la facture globale d’importations de biens et service, ce qui réduira par la même le déficit commercial et celui de la balance des paiements, mais aussi à d’importantes économies en dinar en suspendant les subventions aux carburants importés. En attendant que les services des douanes confirment les annonces de Sonatrach dans son bilan consolidé du commerce extérieur de 2020, les questions persistent sur l’avenir de la raffinerie Augusta, rachetée par Sonatrach à ExxonMobil, totalement absente du bilan de l’activité raffinage de la compagnie publique des hydrocarbures. <