Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a inauguré, hier à Adrar, le nouveau complexe gazier Reggane Nord, un des premiers projets gaziers développés dans le sud-ouest du pays. En plateau (niveau élevé de rentabilité), le complexe produira plus de 8 millions m3 par jour de gaz et 148 barils par jour de condensat.

Cela devrait s’étaler sur une période de 12 années, avec une moyenne de production de 2,7 milliards de m3 par an. Cette plateforme arrive à point nommé pour permettre à Sonatrach d’aller de l’avant et donner un bon coup d’accélérateur aux exportations d’hydrocarbures. La compagnie nationale peut ainsi pousser un grand ouf de soulagement, elle, qui cumulait d’énormes retards dans la réception des projets. Cela faisait peser des coûts élevés sur les gisements à mettre en service et une menace sur l’approvisionnement du marché intérieur et extérieur, en raison de la déplétion de la production. La production pose un sérieux problème, et le PDG de Sonatrach ne se le cache pas. Il admet que la situation de l’entreprise qu’il dirige n’est pas très bonne et que la conjoncture actuelle sur le marché des hydrocarbures rend la tâche encore plus difficile pour Sonatrach, qui trouve du mal à honorer ses engagements et ses contrats. Voilà, le mot est lâché ! Mais, Ould Kaddour ne semble pas se laisser abattre par les difficultés, promettant de réorganiser la compagnie, de lui apprendre à aller au charbon, c’est-à-dire à se frotter à la compétition internationale sur des marchés en métamorphose et d’investir davantage dans le gaz. Sonatrach a déjà dégagé une enveloppe de 2 milliards de dollars pour maintenir la production sur le plus grand champ gazier du pays, Hassi R’Mel.
Le champ produit entre 190 et 210 millions de mètres cubes de gaz naturel par jour. C’est l’équivalent de 60% de la production gazière totale du pays. L’objectif de cet investissement est de maintenir la production autour de 190 millions de mètres cubes sur les 10 prochaines années. En attendant, la compagnie nationale a d’autres atouts dans sa manche, puisque de nouveaux gisements vont venir renforcer ses capacités de production. Le pays devrait ainsi commencer la production de gaz de son champ de Timimoun en 2019, soit deux ans plus tard que prévu, avec des négociations pour des contrats susceptibles d’approvisionner l’Europe en cours. Le site de Timimoun devrait produire 1,6 milliard de mètres cubes par an, du gaz vers l’Europe à travers le gazoduc Medgaz, un tube de 757 km reliant l’Algérie à l’Espagne. Par ailleurs, 26 nouveaux gisements de pétrole et de gaz ont été découverts, ces derniers mois, dans le Nord et le Sud du pays. Elles représentent des réserves estimées à 130 millions tonnes équivalent pétrole (TEP). Une fois mises en production, elles devront contribuer à donner plus d’épaisseur à la production. Sonatrach reste en fait en veille sur l’évolution de sa production, tout en gardant un œil sur tout ce qui se passe sur les marchés internationaux du gaz. Ces derniers sont actuellement bien approvisionnés, mais leur transformation vers des marchés plus globalisés interdépendants crée de nouveaux défis de sécurité. Dans les cinq prochaines années, le commerce mondial du gaz connaîtra des changements importants. Analysant les récents problèmes d’équilibrage du marché gaz et des risques associés aux évolutions politiques liées à la sécurité de l’approvisionnement à l’hiver 2016 et 2017, un nouveau rapport, établi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), indique que même dans le contexte actuel des bas prix du gaz, les fournisseurs sont toujours exposés à des événements à faible probabilité mais à fort impact qui pourraient avoir des conséquences potentiellement graves pour l’approvisionnement mondial en gaz. Le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, a expliqué dans ce contexte que la sécurité des approvisionnements en gaz naturel ne peut pas être tenue pour acquise même avec le contexte actuel de prix bas et le marché surabondant.