L’entreprise nationale des hydrocarbures Sonatrach vient d’élaborer «une nouvelle stratégie pour s’adapter au nouveau contexte et relever les défis à venir», a indiqué, hier, dans des propos relayés par l’APS, Fethi Arabi, conseiller auprès du P-DG de Sonatrach, qui a participé au 19e Sommet international du pétrole.

Le responsable a expliqué, en marge de l’événement, que l’Algérie fait face à des défis, notamment concernant la demande et les prix du pétrole, «qui sont sous pression dans des marchés volatils». «Les ressources humaines se renouvellent et nous devons renforcer notre expertise technique et placer la performance au cœur de notre fonctionnement», a indiqué à l’APS Fethi Arabi, affirmant que cette démarche nécessitera, notamment, la transformation de «nos processus clés». «Il est donc urgent de nous adapter à ce nouveau contexte et de nous armer face aux défis à venir», a-t-il affirmé, soulignant que la compagnie nationale dispose d’atouts «incontestables» à travers la géologie «avantageuse», un domaine minier «sous-exploré», une main-d’œuvre «nombreuse et qualifiée», la réputation d’un fournisseur «sûr et fiable» et un «accès à un grand marché d’export, l’Europe». Comme première étape «fondamentale», les responsables de Sonatrach ont engagé une réflexion collective profonde pour concevoir une «nouvelle vision», a expliqué Arabi, précisant qu’elle est soutenue par un nombre d’objectifs stratégiques «clés» qui seront présentés à Alger à la fin du mois. La compagnie nationale a lancé une quarantaine d’actions durant les douze derniers mois, selon le conseiller du P-DG de Sonatrach. Des actions qui ont impacté l’ensemble des aspects de l’entreprise, a-t-il assuré à l’agence officielle, dont l’un est de restaurer la confiance avec ses partenaires étrangers. «Nous nous sommes engagés et nous avons résolu presque tous nos différends et litiges», a-t-il tenu à affirmer, indiquant, qu’entre-temps, Sonatrach a lancé plusieurs projets «majeurs» en partenariat, tout en se déclarant «toujours ouverte» à plus d’opportunités de partenariat.
Par ailleurs, Sonatrach a engagé, dans le cadre de sa nouvelle stratégie, un programme d’investissement 2018-2022 de 56 milliards de dollars au total, dont 44 milliards de projets d’exploration et de production et 10 milliards de projets en aval. En termes de production, Sonatrach vise à produire environ 200 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) et à stabiliser ses volumes exportés. «Nous avons lancé une opération de processing virtuel de pétrole brut avec un grand trader et c’est une première», a-t-il fait remarquer, faisant remarquer que le processing, contrairement aux appels d’offres, «nous offre une police d’assurance contre la volatilité des marges de raffinage».
Concernant le raffinage, Sonatrach négocie depuis plusieurs semaines l’achat d’une raffinerie à l’étranger, et espère réceptionner celle d’Alger vers la fin de l’année, tout en ambitionnant de développer des investissements dans de nombreux pays africains.
Les responsables de la compagnie pétrolière ont régulièrement fait part de leur intention de se tourner vers le raffinage à l’étranger. «Une fois que nous aurons de nouvelles capacités de distillation en Algérie, notamment la raffinerie de Hassi Messaoud III, et de transformation (hydro-cracker de Skikda), notre investissement dans le raffinage à l’étranger deviendra une source de dividendes et d’optimisation avec le système de raffinage en Algérie», a affirmé Fethi Arabi, précisant, par ailleurs, que Sonatrach vise à renforcer les partenariats existants dans l’exploitation des découvertes non développées.
«Sonatrach vise également à renforcer et développer les partenariats existants, en particulier à accroître l’effort d’exploration pour exploiter le potentiel des découvertes non développées à travers un plan de transformation approprié (intégration amont-aval)», a-t-il conclu.
Pour rappel, lors de sa participation aux Journées scientifiques et techniques de Sonatrach, le P-DG de l’entreprise nationale, Abdelmoumen Ould Kaddour, a fait part des «changements en cours» au sein du groupe pétrolier et gazier algérien, insistant sur la volonté de faire passer Sonatrach «d’une entreprise publique bureaucratique à une entreprise publique économique». M. Ould Kaddour avait dénoncé les lenteurs et les lourdeurs de l’administration, qui empêchent le groupe d’«optimiser la rentabilité de ses avoirs».