Le président directeur général du groupe Sonatrach, Amine Mazouzi, avait révélé, à l’occasion de la célébration du double anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures (1971) et de la création de l’Union générale des travailleurs algériens (1956) , le lancement d’un large programme pour l’entreprise de développer le raffinage et la pétrochimie, des segments stratégiques devant permettre à Sonatrach d’arrêter l’importation de carburants à l’horizon 2021 et d’assurer la couverture des besoins du marché intérieur. Les capacités de raffinage de l’Algérie devront être portées à 45 millions tonnes/an à l’horizon 2021 au plus tard, avait affirmé, pour sa part, la secrétaire générale du ministère de l’Energie, Fatima Zohra Cherfi.

Des ambitions démesurées ? Y aura-t-il suffisamment de pétrole pour alimenter les raffineries aujourd’hui en projet ? Pour certains experts, construire de nouvelles raffineries, qui de surcroît coûteraient cher, ne serait pas une bonne idée, parce que rien n’indique que le pays aura, dans trente ou quarante ans, du brut à raffiner. Et, puis, ajoutent-ils, il peut y avoir un sérieux problème de réserves, pour les futures générations, si l’on continue à tirer excessivement sur ce que recèle notre sous-sol. Sonatrach avait, pourtant, une fenêtre de tir, au début des années 2000, lorsque le raffinage européen souffrait de surcapacités structurelles. Il y avait même des raffineries qui étaient, soit à l’arrêt, soit en vente. C’est à ce moment-là, qu’il fallait, pour elle ( sonatrach), prendre des participations avec ces colosses au pied d’argile.
La compagnie nationale ne l’avait pas fait, car le top management ne s’offrait pas de marge quand il s’agit de grosses décisions à prendre. Ce modèle de management n’aura pas changé, entre temps. Si elle s’était engouffrée dans la brèche, cela constituerait un pas concret vers le renforcement de la stratégie d’internationalisation de ses activités, et lui éviterait de ne surinvestir on shore dans des installations de raffinage uniquement pour faire face à l’explosion inévitable de la demande en gasoil. Ce raisonnement, qui se tient, ne faudrait-il pas le tempérer, d’autant qu’il est des décisions qui ne relèvent pas de la compétence de Sonatrach ? Et ce ne sont pas les exemples qui maquent pour l’affirmer. L’on sait que la diésélisation accélérée du parc roulant national allait être jugulée par une taxation différentielle profitable aux essences légères et au GPLc.
L’on s’en souvient, le gouvernement avait essayé, en 2003, de faire voter une taxe parafiscale qui devait augmenter le prix du gasoil et faire baisser celui de l’essence, du GPL et du GNL. Cette disposition a été cependant rejetée par le parlement. Du coup, le nombre de véhicules roulant au gasoil a augmenté dans des proportions alarmantes.
A qui la faute ? Pas à sonatrach, en tout cas. Pareille mesure devrait être prise dans un cadre multisectoriel (commerce, énergie, industrie…). Evidemment, il n’est pas normal que la consommation de carburant augmentent de sept pour cent, par an, dans le pays. Cette explosion est liée, pour partie, à la structure des prix. Dans de nombreux pays (développés et non développés), la structure des tarifs dépend des marchés. Cela veut dire que lorsque les cours du brut augment (ce n’est pas le cas aujourd’hui), les prix des produits raffinés, dont le carburant, augmentent, sachant que les taxes parafiscales comptent pour 70% dans la structures des prix du carburant dans beaucoup de pays. Pas dans le nôtre.