Le patron du groupe Sonatrach, Toufik Hekkar, a fait le bilan, hier, des contrats EPC (projets d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction) et services conclus par la compagnie durant l’exercice 2019. Dans une allocution d’ouverture des travaux d’une journée d’études consacrée à la stratégie de développement du contenu local dans les projets de Sonatrach, Toufik Hekkar a indiqué que la compagnie a conclu pour l’équivalent de 6 milliards de dollars de contrats projets en EPC avec des entités étrangères (Europe, USA et Asie) durant l’année 2019, soit 60% du montant total des contrats signés.

L’horizon semble se dégager pour la compagnie publique des hydrocarbures qui voyait baisser l’affluence des entreprises étrangères pour les contrats EPC. Les projets EPC suivent le rythme de l’activité amont, à savoir recherche, exploration et exploitation, laquelle connait un déclin chronique depuis maintenant plusieurs années. Les entreprises étrangères se sont taillées la part de lion des contrats EPC en 2019 avec 60% des projets, alors que la part des entreprises algériennes était de 15% durant la même année. Plus explicite, le PDG de Sonatrach a fait savoir que le montant des contrats confiés à des entreprises algériennes dans le domaine des EPC avait atteint les 135 milliards de dinars, représentant seulement 15% du total des contrats conclus dans des projets de réalisation d’infrastructures, de réhabilitation des installations et des équipements de production, ainsi que des travaux de forage et de raccordements des puits. Outre le ralentissement que connait l’activité amont, la crise que connait le marché pétrolier, combinée depuis peu à la crise sanitaire, a ralenti l’industrie pétrolière et gazière mondiale. Sonatrach n’est pas en reste. La compagnie publique continue à développer ses projets et à entretenir d’autres malgré un environnement difficile, marqué essentiellement par la chute des prix du pétrole qui a affecté, faut-il le souligner, la trésorerie de l’ensemble des majors pétrolières et gazières. Le montant des marchés des services comprenant, entre autres, la maintenance, la restauration, l’entretien des bases de vie et location de matériel de transport, a atteint quant à lui, les 116 milliards de dinars, représentent 71 % suivi par les contrats de fourniture (62 milliards DA, représentant 42%). Parmi les objectifs fixés par le groupe Sonatrach en matière d’intégration des entreprises locales dans la réalisation des projets EPC, celui d’atteindre un taux de 60 % dans le court terme et de 80 % à long terme, a mentionné, à la même occasion, le PDG du groupe, soulignant, qu’en direction des PME et PMI, des instructions ont été adressées aux directeurs généraux des filiales pour accorder 10% des marchés à cette catégorie d’entreprises, tout en annonçant la mise en place d’une nouvelle direction au sein du groupe pour accompagner et orienter les start-ups. Cette année, la pandémie et la chute des prix du pétrole ont contrarié les plans de développement du groupe avec, comme mesures, celle de tailler dans les budgets et rationnaliser les dépenses. La stratégie du groupe en matière d’intégration nationale, qui s’inscrit d’ailleurs dans le cadre du développement des produits et contenus locaux, vise à permettre l’accès aux entreprises algériennes à des contrats de projets d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) à travers l’élaboration d’un cahier de charges spécifiques. A ce propos, le PDG de Sonatrach a indiqué que parmi les options envisagées par le groupe est celle «d’élaborer un cahier de charges spécifiques pour des appels d’offres de biens et services locaux et/ou en démultipliant le nombre de contrats EPC (Engineering Procurement Construction) notamment au moyen de l’allotissement, lorsque cela est possible, afin de permettre l’accès des entreprises algériennes à ces projets». Cette stratégie vise le double objectif de réalisation d’économies en devises et le développement de l’outil national de Sonatrach «dans le cadre de la responsabilité sociétale et d’acteur national majeur dans le développement durable du pays», explique Toufik Hekkar. <