Sonatrach, en signant à Milan jeudi dernier trois accords de partenariat, renforce sa coopération déjà dense avec le groupe italien. C’est à la faveur de la visite du Président-Directeur général de Sonatratrach Toufik Hakkar dans la capitale économique italienne que ces accords ont été signés.

Par Khaled Remouche
Le premier responsable de la compagnie nationale a abordé avec le numéro 1 et administrateur délégué du groupe italien, Claudio Descalzi, l’état d’avancement des projets en commun et les voies et moyens de renforcer ce partenariat avant de procéder à la signature des trois arrangements. L’un des trois accords porte sur le développement de la coopération dans la recherche et le développement liés à la transition énergétique, précisément dans le bio raffinage et les énergies renouvelables. Ce mémorandum d’entente, ou accord préliminaire, a pour objet le développement de la coopération dans la recherche et le développement dans le bio raffinage, la production de l’hydrogène et le développement des énergies renouvelables.
Cette intention de coopération dans ce volet recherche et développement pourrait aboutir sur la production de bio-carburants, c’est-à-dire, en particulier, à partir de végétaux et d’hydrogène et non d’énergies fossiles. La production de l’hydrogène par Sonatrach, en coopération avec ENI, est une piste qui pourrait être retenue, ce qui constituerait, si cet arrangement est suivi d’un accord ferme et d’une concrétisation de cette intention, une première pour Sonatrach. Concrétisé, l’accord permettrait de mobiliser des équipes de Sonatrach et d’ENI dans cette recherche et ce développement en vue de réduire à moyen et long termes la dépendance de l’appareil de raffinage par rapport à l’essence produite à partir du pétrole. Le partenariat avec l’ENI ne se limite donc pas à l’amont. Il s’étend aux nouvelles technologies liées à la transition énergétique. Cet axe du partenariat qui va être développé consacrera le caractère multidisciplinaire de cette coopération.
A noter que l’ENI produit des bio-carburants dans deux raffineries en Italie. Elle produit également de l’hydrogène vert et de l’hydrogène carburant à taux de carbone très bas. Concernant les énergies renouvelables, il s’agit d’étendre la réalisation de centrales photovoltaïques dans les gisements opérés par l’ENI après la mise en service de la centrale photovoltaïque de BRN, en 2018, et le projet de centrale photovoltaïque destiné à l’usine de traitement du gisement de MLE situé également dans le bassin de Berkine. Une partie de l’énergie pour les besoins de ces unités de traitement ne proviendra pas de l’électricité produite uniquement à partir du gaz ou du gasoil mais de l’énergie solaire. Ce qui économisera des quantités de gaz naturel et évitera l’utilisation du gasoil. Ce partenariat lié aux transitions énergétiques inclut la réduction des émissions de gaz à effet de serre ou la « décarbonisation ».
A noter que l’ENI a pour objectif zéro carbone en 2050. Dans ce partenariat renforcé, les deux compagnies s’attellent à réduire les émissions de carbone dans leur exploitation en association des gisements situés dans le bassin de Berkine
Le second accord, le plus important, entre dans le cadre du processus de conclusion d’un nouveau contrat dans l’amont sous l’égide de la nouvelle loi sur les hydrocarbures promulgué en décembre 2019 et dont les derniers textes d’application sont en phase de validation par l’Exécutif. Il vise la relance du programme d’exploration et de développement de gisements dans le bassin de Berkine et prévoit la réalisation d’un hub pétrolier et gazier à travers une synergie entre les installations existantes à BRN et MLE. Cet accord est le fruit d’une finalisation des discussions après qu’une feuille de route a été établie en juillet 2020 pour la relance de ses travaux d’exploration et de développement et de constitution d’un hub pétrolier et gazier dans le bassin de Berkine. Le troisième accord porte sur la formation des cadres et experts de Sonatrach. Il a pour objet de définir les modalités de coopération dans la formation et l’expertise à travers la coopération entre l’ENI Corporate University et l’Institut algérien du pétrole dans les domaines de l’amont pétrolier et des nouvelles technologies liées à la transition énergétique.