Sonatrach vient de signer un contrat de processing avec une raffinerie pétrolière italienne. L’information est donnée par son P-DG, Abdelmoumen Ould Kaddour, à l’occasion d’une visite qu’il a effectuée hier au site gazier de Tiguentourine, dans la région d’Illizi.

Le contrat permet à la compagnie nationale d’hydrocarbures de «louer les équipements du raffineur italien sur place et de procéder aux opérations de raffinage en Italie, et récupérer les carburants obtenus à un prix moins cher».
Le contrat de processing a été signé suite à un appel d’offres international lancé par la compagnie pétrolière algérienne. Produire ainsi du carburant dans un pays étranger revient moins cher que d’en importer, c’est cet avantage comparatif que le patron de Sonatrach a mis en avant dans une déclaration à nos confrères de l’APS. L’Algérie, a-t-il rappelé, ne pourrait plus continuer à importer les carburants pour près de deux milliards de dollars par an. Ould Kaddour ne dit toutefois pas tout. Il ne donne pas, par exemple, le nom du raffineur avec qui Sonatrach a conclu ce contrat et chez qui elle va traiter une partie de son pétrole. S’agit-il du raffineur italien ISAB, une plateforme située à Priolo, dans le sud-est de la Sicile ? Sonatrach, tout comme de nombreuses sociétés, dont des grands groupes américains, des fonds d’investissement et une société publique du Golfe, a manifesté de l’intérêt pour la reprise du site sicilien. Elle aura entamé les premières négociations. En janvier 2014, le groupe pétrolier russe a finalisé le rachat à la société italienne ERG des 20% qui lui manquaient encore dans la joint-venture qui exploite la raffinerie d’ISAB. L’accord prévoyait une montée en participation progressive de Lukoil. Pour la multinationale russe, il s’agit de la première implantation dans le raffinage en Europe de l’Ouest. Aujourd’hui, la raffinerie ISAB fait partie intégrante du groupe et est la troisième raffinerie en Europe en termes de volume de traitement.

Le plan de réhabilitation à 4,5 milliards de dollars
Qu’elle le fasse en Italie, ou localement, le raffinage fait partie des priorités de l’heure de Sonatrach. Et, il y a urgence pour qu’elle ne laisse pas la situation se détériorer dans le marché des carburants, car le traitement du pétrole brut a sensiblement baissé, alors que la consommation a pris des proportions inquiétantes, progressant de 7% par an en moyenne. 11,5 millions tonnes de carburants sont raffinés dans le pays, pendant que la consommation explosait atteignant 15 millions de tonnes de carburants annuellement. Ainsi, pour répondre aux besoins nationaux en produis dérivés, dont le gasoil, Sonatrach a lancé un programme de développement de l’industrie du raffinage, consistant à réhabiliter de vieilles raffineries et à en créer de nouvelles dont la finalité est bien entendu de rehausser les capacités de production et de traitement des produits dérivés pour répondre aux besoins nationaux, et en exporter les excédents.
Le plan de réhabilitation, c’est 4,5 milliards de dollars mobilisés par la compagnie nationale d’hydrocarbures. Il concerne les raffineries d’Alger, d’Arzew et de Skikda. Avant sa rénovation, la raffinerie d’Arzew traitait 2,5 millions de tonnes/an de pétrole brut saharien et 280 000 tonnes de pétrole importé. Aujourd’hui, sa capacité de traitement est passée à 3,8 millions de tonnes/an. Pour ce qui est de la raffinerie de condensat de Skikda, qui avait une capacité de traitement de 5 millions de tonnes/an et 20 000 tonnes de bitumes, elle traite après rénovation 980 000 tonnes de gasoil, 550 000 tonnes de fuel et 490 000 tonnes d’essence normale ainsi que 120 000 tonnes de bitumes. S’y ajoute le méga train GPL à proximité de la région qui a coûté 2,9 milliards de dollars pour sa réalisation. Son niveau de production de 4,7 millions de tonnes vise à augmenter les capacités de traitement de gaz de Sonatrach. Pour ce qui est de la raffinerie d’Alger, une fois mise en service, elle verra sa capacité de production en gasoil passer de 737 000 tonnes/an à 1,18 million de tonnes/an, ainsi qu’un doublement de la capacité de production de l’essence super avec une hausse conséquente des capacités de stockage de carburants. La raffinerie d’Alger devra être livrée en décembre 2018, tandis que les travaux de réalisation de la raffinerie de Hassi Messaoud seront entamés au cours l’année 2018, et l’appel d’offres pour la raffinerie de Tiaret sera lancé dans les prochains mois.