Le PDG du groupe public des hydrocarbures, Toufik Hakkar, a indiqué, dimanche, que les recettes de Sonatrach ont augmenté de 70% en 2021, comparées aux revenus de l’année dernière. Cette augmentation est à mettre sur le compte de celle des exportations en hydrocarbures. Bien évidemment, si Sonatrach et, plus globalement, le secteur de l’énergie avaient retrouvé le chemin de la croissance cette année, cette hausse des revenus s’explique également par l’effet hausse des cours pétroliers mondiaux.

Par Hakim Ould Mohamed
L’Office national des statistiques (ONS) a levé le voile, récemment, sur une forte reprise du secteur des hydrocarbures, dont la croissance a été de 11% au second trimestre de l’année en cours. Le secteur a contribué à la croissance générale du PIB qui était de 6,4% à l’issue du 1er semestre de l’année, confirme la sortie de l’économie du pays de la crise pandémique dans laquelle elle s’est embourbée depuis le début du précédent exercice. Invité dans les studios de AL24 News, le patron de Sonatrach, Toufik Hakkar, a précisé que son groupe avait réussi, en 2021, à porter la valeur des exportations d’hydrocarbures à 34,5 milliards de dollars, contre 20 milliards de dollars en 2020, tandis que les recettes réalisées sur le marché national s’élèvent à 2,5 milliards de dollars. Le PDG de la compagnie publique d’hydrocarbures a confirmé, à la même occasion, la hausse des quantités exportées, soit de 5% fin 2021, contre une augmentation de 19% des volumes durant l’année écoulée. Cette progression des exportations en quantités, combinée à une hausse des prix du pétrole, était à l’origine directe de la hausse des revenus après avoir passé une année 2020 dans le rouge, suite à une forte dégringolade des cours sur le marché mondial, affectés par la psychose et le déclin des investissements dans un contexte pandémique qui a mis à genoux l’économie mondiale.
Hausse de 5% de la demande interne
Cette hausse des recettes permettra ainsi à Sonatrach d’entrevoir de nouvelles dépenses dans l’amont pétrolier et gazier afin de développer les capacités nationales de production et de répondre ainsi aux besoins internes qui, selon Toufik Hakkar, ont enregistré une croissance annuelle de 5% en 2021, ainsi qu’aux engagements contractuels avec les différentes partenaires, notamment en Europe et en Asie.
A ce propos, le patron de Sonatrach a fait savoir que son groupe entend casser la tirelire, prévoyant des investissements d’une valeur de 40 milliards de dollars sur les cinq prochaines années, dont 8 milliards de dollars en 2022. Cette dynamique haussière au chapitre des dépenses d’investissement est, néanmoins, tributaire d’un prix de marché de 70 dollars le baril en moyenne dans les prochaines années, à en croire le PDG du groupe public des hydrocarbures. Outre la reprise des investissements dans l’amont pétrolier et gazier algérien, le groupe Sonatrach envisage de reprendre la main sur ses projets à l’étranger, dont en Libye, où Sonatrach exploite deux blocs depuis maintenant plusieurs années, mais aussi au Nord du Niger, près des frontières algériennes, où la compagnie développe un projet aux fins d’une mise en exploitation après la découverte d’un gisement pétrolier. Les responsables de Sonatrach lorgnent également vers le marché mauritanien, puisque, d’après Toufik Hakkar, Sonatrach étudie son retour vers ce pays voisin, en vue d’y établir des projets d’exploration pétrolière, en sus de l’augmentation de ses exportations d’urée qui est utilisée comme engrais, via Naftal. Interrogé au sujet du gazoduc Nigeria-Algérie, dont les travaux de faisabilité économique et technique étaient en cours au niveau de Sonatrach, le PDG de Sonatrach a fait savoir que les études menées dans ce cadre par des groupes de travail mixtes étaient en cours de finalisation.

Medgaz, les capacités bientôt étendues
Ces études visent à actualiser les études de faisabilité réalisées entre 2009 et 2014 et financées par des banques internationales, afin d’avoir une vision plus précise du processus et du coût d’investissement, a-t-il expliqué. «Le travail se poursuit et nous annoncerons les résultats dans les prochains mois», a-t-il indiqué. Sur l’autre gazoduc alimentant la péninsule ibérique, à savoir le Medgaz, dont les travaux d’extension des capacités ont été lancés il y a quelques mois, le PDG de Sonatrach a annoncé la mise en service ce janvier du 4e turbocompresseur du gazoduc. Ce dernier devrait permettre ainsi d’assurer les approvisionnements des marchés espagnol et portugais en gaz algérien conformément aux quantités contractuelles et de répondre aux éventuelles demandes de quantités supplémentaires. La suspension des livraisons de gaz algérien par le gazoduc Maghreb Europe (GME) a suscité une appréhension chez les partenaires de Sonatrach malgré les engagements du groupe, maintes fois renouvelés, quant à ses capacités de remplir ses engagements contractuels. Sonatrach s’est engagé, en effet, à acheminer du gaz naturel en quantités suffisantes sur les deux marchés espagnol et portugais, voire en volumes supplémentaires, si ses partenaires venaient à introduire une demande.
Au chapitre des énergies renouvelables, Toufik Hakkar a indiqué que Sonatrach s’employait à développer plusieurs projets dans le domaine de l’énergie solaire, notamment à travers sa société mixte avec Sonelgaz. Il s’agit également de développer des projets dans les domaines de l’hydrogène et des biocarburants à travers la création d’un centre de recherche spécialisé, la mise en place de partenariats avec des groupes étrangers de renommée comme l’italien ENI et le lancement de projets pilotes. n