Deux buts avec des passes décisives signées de l’infernal Youcef Belaïli. Le milieu offensif a montré une incroyable constance durant la phase de poules des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022. Mardi, les supporters présents dans les travées de Mustapha Tchaker ont pu voir l’Oranais faire la différence en toute aisance. Le tout, dans une atmosphère des plus pesantes.

Par Mohamed Touileb
La pression, il ne la connaît clairement pas. Belaïli l’a encore montré avant-hier contre le Burkina Faso. Alors que la pression était à son point culminant, ses pieds n’ont pas tremblé. Cela a commencé avec une offrande du pied gauche en première période pour permettre à Riyad Mahrez de décanter la situation à la 21e minute. S’en suivront des dribbles et une faculté à bonifier les ballons sur son côté gauche.
Sur une autre action, il a combiné avec Islam Slimani avant de prendre la profondeur et dégager l’espace pour l’avant-centre qui servait Mahrez
dans l’axe. Ce dernier enroule mais sa tentative a frôlé le poteau de Koffi. Même sans ballon, Belaïli joue. Une qualité rare.

Extérieur du pied délicieux et précieux
Balle au pied, le pensionnaire du Qatar SC est injouable. Dans un espace large ou réduit, il peut se débarrasser du vis-à-vis sur un appui. Même quand ça commence à aller moins bien physiquement. La preuve avec cette accélération à la 68e minute qui lui a permis d’aller au but pour délivrer, d’un délicieux extérieur du pied, l’offrande du second but signé Feghouli.
Cette réalisation s’est avérée capitale tant elle a donné une marge de manœuvre pour les «Verts» en les mettant à l’abri d’un but du Burkina Faso qui les auraient fait basculer du côté obscur. Encore une fois, l’ancien sociétaire du MC Oran et de l’USM Alger a prouvé qu’il était un vrai leader technique. Lors des éliminatoires, il a délivré 4 passes D, il n’a marqué aucun but. Mais sa plus-value va au-delà de ces statistiques brutes.

Le pari fou et salvateur de Belmadi
Belaïli, c’est des décalages, des passes clés et de la profondeur donné au jeu des «Verts». On parle d’un footballeur doté d’une maîtrise technique supranormale qui peut compenser un physique ne permettant pas de livrer un match complet avec la même intensité. Cependant, il est clair que sur une heure de jeu, celui qui compte 14 ‘’assists‘’ pour 6 réalisations en 29 apparitions avec la tunique Dz peut causer de sérieux dégâts à l’adversaire et faire du bien pour les «Verts».
Cette résurrection n’aurait pas été possible sur Djamel Belmadi ne l’avait pas relancé lors de sa venue. Dès le début, il était convaincu que le joueur de 29 ans remplit les caractéristiques pour intégrer son commando. On peut dire sans crainte que le sélectionneur de l’EN avait tenté un pari fou. Le temps et les prestations de l’ex-Espérantiste ont fait qu’il soit gagnant.
Sans lui, l’aventure de Belmadi sur le banc de l’Algérie se serait probablement arrêtée mardi. La standing ovation qu’il a reçue à son remplacement 1 minute après avoir assisté Feghouli est amplement méritée pour un génie que même le talentueux Benrahma ne peut pas remplacer.