L’image était impressionnante. Elle poussait à prendre compte du degré de la performance. Lionel Messi qui posait devant six exemplaires de la plus prestigieuse des récompenses. Six Ballons d’Or pour distinguer la constance et une certaine forme d’omnipotence. L’Argentin a régné. Encore une fois. Pour rappeler qu’il est difficile à déchoir. Après quatre années d’ « absence », il a reposé son soyeux pied gauche sur ce qui semble lui revenir de droit. Unanimement auprès de ses compères de la « profession » même si les journalistes, qui ont voté pour cette élection, ont failli donner plus de points à Virgil Van Dijk pour le déloger. Robert Lewandowski, spectaculaire avant-centre du Bayern Munich et la Pologne (27 matchs pour 31 buts depuis le début de l’exercice en cours), a livré un témoignage qui prouve que « Léo » impose le respect. Même chez les footballeurs très talentueux. Interrogé sur son meilleur moment de la soirée par la chaîne L’Equipe, le Polonais, 8e du concours, n’est allé par quatre chemins : «le lauréat du Ballon d’Or. Remporter le Ballon d’Or six fois c’est incroyable. Il est l’un des meilleurs joueurs du monde et peut-être de l’histoire.» Pour avoir joué contre le Barça maintes fois en Champions League, «Lewangoalski», comme le surnomment les supporters bavarois, sait de quoi il parle. Parce qu’il a vu le «Blaugrana» à l’œuvre de très près. Ça semble l’avoir marqué.

Au-delà des chiffres
En plus de l’avis du Munichois, il y avait cet enthousiasme de Josep Maria Bartomeu, président du FC Barcelone, qui a tout simplement estimé que son prodigieux « numéro 10 » est « le plus grand joueur de tous les temps, de l’histoire du Barça. J’espère que ce ne sera pas son dernier (Ballon d’Or, ndlr). Il est jeune. Il peut encore beaucoup jouer avec nous. Il est meilleur de jour en jour.» Un peu moins objectif qu’un avis extérieur du team pour lequel le sextuple Ballon d’Or joue depuis 2000, mais légitime quand on voit ce que le concerné fait depuis 13 saisons au plus haut niveau.
On ne sait pas s’il est meilleur que Maradona, qui a toujours plus de cote que lui en Argentine, ou Pelé. Surtout si la mesure est le Ballon d’Or et qu’ils ne pouvaient pas postuler pour cette distinction à leur époque mais force est de reconnaître qu’il y a du supra-humain chez le natif de Rosario. Du génie. Et ceux qui l’ont vu jouer s’en rendent compte. Il est hors-catégorie. Au-delà des statistiques, il a une forme de magie. C’est abracadabrant à oublier qu’il n’a jamais remporté de Coupe du Monde. A penser qu’il n’y a eu d’époque que celle de Messi. Après tout, les mortels succombent toujours à l’amnésie.