L’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) est revenue à la charge pour réclamer une nouvelle fois la mise du sigle FLN au musée.
Encore une fois, c’est le secrétaire général par intérim de l’organisation, Mohand Ouamar Benlhadj, qui est monté au créneau pour dire que « le FLN historique appartenait à tous les Algériens ». L’ancien moudjahid exhorte ainsi les autorités à mettre ce sigle « à l’abri des faussaires qui l’utilisent pour réaliser leurs vils objectifs». La récurrence de cette plaidoirie de la part d’une organisation longtemps considérée partie intégrante de la « famille révolutionnaire » contre ce qui a été fait du sigle FLN, montre visiblement qu’il ne peut s’agir d’une demande formulée sous l’effet de la colère. Même la riposte des responsables du parti, à leur tête le secrétaire général, Mohamed Djemaï, ne fait pas reculer le chef de l’ONM.
Ce dernier avait choisi la commémoration du double anniversaire du 20 Août 1955 et 1956 pour appeler à la mise au musée du sigle FLN. «Nous nous sommes beaucoup exprimé sur le Front de libération nationale. Nous avons demandé plusieurs fois aux autorités de retirer ce symbole du parti», avait soutenu à cette occasion Mohand Ouamar Benlhadj. L’argumentaire de ce dernier est que le parti historique est hors la loi. «Le parti historique est hors-la-loi» du fait que la réglementation en vigueur «interdit l’utilisation des symboles nationaux, symboles de l’Etat ainsi que les fondements de la société dans la politique partisane», avait-il ajouté. Face à cet appel de l’ONM, la réaction du FLN n’a pas tardé. «Nous demandons aux membres du secrétariat national et aux secrétaires de wilayas et tous ses membres de veiller à la sacralité de l’Organisation et de son illustre image, qui est liée à la génération de la Révolution, et de faire face aux dérives dangereuses et interventions grossières du nommé Mohand Ouamar Benlhadj», a indiqué un communiqué du FLN.
Pour le FLN, le secrétaire général par intérim de l’ONM «sert des agendas cachés qui se croisent avec d’autres appels qui ont des prolongements à l’étranger, dans l’objectif de réaliser ce que le colonisateur français n’a pas pu faire qui est celui de dépouiller l’Algérie de sa glorieuse histoire». Dans sa réponse, le FLN dénonce aussi ce qu’il qualifie d’«ingérence dans ses affaires internes», tout en se déclarant «prêt à affronter tous ceux qui oseront s’attaquer au parti». S’en est suivie une riposte de Hocine Khaldoun, membre du comité central du FLN, qui n’a pas ménagé et l’ONM et son premier responsable. «Le secrétaire général par intérim de l’ONM, qui appelle à la dissolution du FLN, doit d’abord balayer devant sa porte », avait-il indiqué dans une déclaration à Reporters. « Plutôt que de parler du FLN, il devrait s’atteler à ouvrir le dossier des faux moudjahidine. C’est un dossier lourd que je leur recommande d’ouvrir avant de s’attaquer à nous », avait-il ajouté. Pour M. Khaldoun, «le FLN historique est un patrimoine national qui appartient à tout le peuple algérien et donc personne ne peut s’adjuger le monopole de l’expression en son nom, mais le parti du FLN est une formation politique qui a ses militants et sa direction».