Le permis à points a été lancé officiellement, hier à Alger, par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, en présence de la ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du Numérique, Houda-Imène Faraoun, du ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, et des représentants du Commandement de la Gendarmerie nationale et de la Direction générale de la Sûreté nationale.

Selon le ministre, le permis à points ne sera pas généralisé à tous les conducteurs, car sa délivrance ne se fera, pour le moment, que par des APC pilotes, donc de manière graduelle. Il cite Dar El Beïda, Alger-Centre, Kouba et Baba Hassan. Il a souligné que l’opération devra toucher 1 million de conducteurs cette année, 4 millions en 2019 et 10 millions en 2020, pour, enfin, s’assurer de la généralisation comme ce fut le cas pour le passeport biométrique. M. Bedoui a expliqué que les raisons qui ont poussé les autorités à procéder par étape est le fait que le système du permis de conduire, comme le stipule la loi n° 17-05 du 16 février 2017 modifiant et complétant la loi n° 01-14 du 19 août 2001 relative à l’organisation, la sécurité et la police de la circulation routière, exige la mise en place de la carte grise électronique (septembre 2018) et la généralisation des guichets électroniques au niveau des APC, ce qui est prévu pour fin 2018.
Le ministre a souligné, également, que les agents verbalisateurs devront être équipés de lecteurs de puce, sachant que le permis à points contient des données chiffrées que seules le CNDTS et la DNSR détiennent. «On ne ménagera aucun effort pour accélérer la cadence dans la délivrance du permis à points. Ce dernier a nécessité beaucoup de travail et nous avons déployé de gros moyens financiers. Le chemin est encore long, mais je suis convaincu que nous allons atteindre tous nos objectifs», a affirmé le ministre. De son côté, Abderazak Henni, directeur chargé de la modernisation des archives et de documents au ministère de l’Intérieur, «le système n’est pas totalement prêt», expliquant que «son exploitation effective nécessite la mise en place de toute une logistique et d’un cadre juridique des entités qui devront contribuer à son fonctionnement». Il a indiqué que pour les formules de délivrance «les titulaires d’un permis de conduire, quelle que soit la catégorie, devra passer par les guichets électroniques chargés de l’ensemble des prestations.
Une fois la plateforme  définitivement opérationnelle, on passera à un autre cap, à savoir le lancement, avant 2019, de tous ces services via le Smartphone».
Ce même responsable a expliqué que les titulaires des documents  biométriques (carte nationale d’identité ou passeport) ne sont pas concernés par la collecte des données préliminaires en vue d’être inscrits au niveau des guichets électroniques.
Ainsi les APC obtiennent la filiation du titulaire d’un permis de conduire, avec cet avantage lié à la suppression de l’acte de naissance S12. Pour obtenir ce document,  l’APC reçoit les données chiffrées de la direction des transports de la wilaya, pour ensuite procéder à la comparaison de la photographie et des empreintes digitales pour s’assurer de l’identité de la personne. Une fois cette procédure achevée, l’APC envoie à la DNSR toutes les données chiffrées. Ce centre procèdera, ensuite, à l’envoi instantané de ces mêmes données pour la confection du document biométrique.

«Mettre fin à l’administration papier»
Noureddine Bedoui a annoncé également que les cartes grises électroniques seront délivrées à partir de septembre prochain.
«Le processus de modernisation et de numérisation se poursuit intensément et les premières cartes grises électroniques seront délivrées dès septembre 2018. Tous les mécanismes sont réunis pour le lancement du permis de conduire biométrique», a affirmé M. Bedoui, qui a relevé que le système de calcul des points entrera en vigueur «dans les plus brefs délais».
L’objectif du Gouvernement est de «mettre fin à l’administration papier et s’orienter résolument vers l’administration électronique pour l’éradication définitive de la bureaucratie dont souffrait le citoyen», a fait encore savoir le ministre. Il a rappelé, à ce propos, que le Gouvernement «a réalisé un gain financier, grâce au processus de modernisation, ce qui nous incite à poursuivre en force cette démarche»,
faisant état, par la même occasion, du lancement prochain d’avis d’appel d’offres pour «encourager le partenariat avec les entreprises nationales et étrangères».