Un rassemblement de solidarité avec le responsable du site électronique Dzaïr Presse, Adlène Mellah, détenu à la prison d’El Harrach, a été organisé hier à la Maison de la presse Tahar-Djaout par un collectif de journalistes, appuyé par des activistes de la société civile, pour demander sa libération. Son procès en appel est prévu pour le 23 janvier.

Adlène Mellah a été condamné à une année de prison ferme par le tribunal de Bab El Oued pour plusieurs chefs d’inculpation : incitation à attroupement non armé, insubordination et outrage à fonctionnaire. Responsable du site Dzaïr Presse, il a été arrêté le 9 décembre près du Théâtre national d’Alger (TNA) lors d’un rassemblement de soutien à l’artiste connu sous le nom de Réda City 16. Lors du procès en première instance le collectif d’avocats du journaliste avait décidé de se retirer, dénonçant ce qu’il avait considéré comme «une absence des conditions légales pour la tenue d’un procès».
Une dizaine de journalistes, avocats et activistes de la société civile a initié une marche au sein de la Maison de la presse où des slogans tels que «Le délit de presse n’est pas un crime» et «Libérez Adlène Mellah» ont été scandés par les participants à cette action de solidarité.
Dans sa prise de parole à l’occasion de ce sit-in, Saïd Boudour, gérant du site media Citoyens Algériens, a soutenu que l’incarcération d’Adlène Mellah ainsi que toutes les arrestations de journalistes enregistrées durant l’année 2018 «constituent un vrai danger pour l’avenir de la presse algérienne».
Pour sa part, l’avocate et activiste du mouvement Mouwatana, Zoubida Assoul, par ailleurs présidente du l’Union pour le changement et le progrès (UCP), a attiré l’attention des journalistes et activistes présents sur «la gravité» de l’état de santé d’Adlène Mellah. «En ma qualité de membre du collectif d’avocats, je suis partie le voir en prison en compagnie de Maître Mustapha Bouchachi. D’habitude, il avait un moral solide, mais la dernière fois que je l’ai vu (avant-hier) il était faible et les effets de la grève de faim qu’il a entamée étaient très visibles sur sa personne», a-t-elle alerté. Mme Assoul a rappelé, à cette occasion, que l’article 50 de la Constitution algérienne interdit l’incarcération des journalistes pour des délits de presse, tout en plaidant pour que le procès de Mellah «soit un procès équitable et se déroule dans le calme et la sérénité en appliquant les lois en vigueur». Yasmine Mellah, l’épouse du journaliste incarcéré, a remis aux journalistes un communiqué dans lequel elle affirme que son mari «meurt à petit feu» à cause de la grève de la faim, indiquant que son procès en appel est programmé le 23 janvier prochain. «J’ai essayé de toutes mes forces de le convaincre de suspendre la grève de faim dans la mesure où le procès est programmé. C’est l’avis même de toute ma famille et de ses proches, mais il a refusé catégoriquement d’y mettre un terme jusqu’à ce qu’il ait droit à un procès équitable qui l’acquittera», témoigne-t-elle. Elle a adressé, à cette occasion, un message aux responsables du pays, à leur tête le président de la République et le ministre de la Justice, pour demander la libération de son mari compte tenu notamment de la dégradation de son état de santé.