A quelques jours du déroulement de son procès en appel, prévu le 9 février, le Comité national pour la libération de Louisa Hanoune a réitéré son appel pour l’élargissement de la détenue, condamnée à 15 ans de prison par le tribunal militaire de Blida.
« Le procès en appel de Louisa Hanoune étant programmé pour le dimanche 9 février 2020, le Comité national tient à rappeler que l’arrestation puis la condamnation arbitraire de la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) à 15 ans de prison ferme constituent un acte de criminalisation de l’action politique», a indiqué le comité que coordonne Mme Zohra Drif-Bitat à l’issue de la réunion tenue mardi à Alger.
Estimant que l’arrestation de la première responsable du PT « a constitué d’ailleurs le prélude à des centaines d’arrestations qui ont suivi sous divers alibis», le même comité soutient qu’« aucun prétexte ni aucune raison ne peuvent justifier l’incarcération et la lourde condamnation de Louisa Hanoune ». Le Comité exige « son acquittement et sa réhabilitation dans tous ses droits » comme il « exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus politiques et d’opinion et l’annulation de toutes les poursuites judiciaires contre eux ». Exprimant « sa satisfaction suite à la relaxe de Samir Benlarbi, qui a passé arbitrairement près de cinq mois en détention », le même comité tient à dénoncer le « prolongement de la détention provisoire de Karim Tabbou, coordinateur de l’Union démocratique sociale (UDS), et d’Abdelouahab Fersaoui, président du RAJ », en s’interrogeant sur la signification d’une telle mesure.
S’agissant de l’évaluation qu’il fait des actions menées, le comité a fait part de sa « satisfaction du succès remarquable de l’appel des 600 premiers signataires de personnalités publiques issues de différents horizons (chefs de parti politique, responsables de syndicats et d’associations, d’universitaires, d’ex-détenus (es) du Hirak, de journalistes, d’intellectuels, d’artistes…) exigeant la libération immédiate et inconditionnelle de Louisa Hanoune ». Le Comité national a exprimé également sa satisfaction « de la large campagne internationale en faveur de la libération de Louisa Hanoune menée dans plus de 100 pays de tous les continents », évoquant « une campagne marquée notamment par l’implication sans précédent d’organisations du mouvement ouvrier et démocratique et autres organisations des droits de l’Homme ».
Il faut rappeler que le secrétariat permanent du bureau politique du parti a lancé, le 22 janvier, une alerte sur l’état de santé de Louisa Hanoune qui ne cessait de se dégrader. Ainsi, le PT a tenu à «alerter l’opinion publique sur la situation préoccupante de sa secrétaire générale, Louisa Hanoune, qui entame son neuvième mois de prison». «La direction nationale du parti, en accord avec la secrétaire générale, s’est abstenue d’en parler, mais devant la persistance et la récurrence des malaises qu’elle connaît depuis plusieurs semaines, le PT exprime ses vives inquiétudes et tient pour responsables les pouvoirs publics de cette situation et de toute conséquence ou évolution fâcheuses de son état de santé», a-t-on écrit dans le communiqué du parti.