Par Khaled Remouche
Le président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), Rachid Tir, lors d’une conférence de presse tenue hier à l’occasion de l’installation de ses membres et de son bureau, a fourni des détails sur les grands chantiers du Conseil dont les missions et prérogatives ont été renforcées. Le CNESE compte s’ériger en super think tank ou centre de réflexion, avec l’objectif de production de 200 études par an avec le concours de ses ressources humaines, 70 cadres hautement qualifiés, les 200 membres nouvellement installés et la nomination de 30 nouveaux cadres (aux fonctions supérieures de l’Etat) qui doivent intégrer prochainement le CNESE pour appuyer ce pôle de réflexion.
A cet égard, Rachid Tir a indiqué que le dossier de la hausse des prix et de son corollaire le pouvoir d’achat est sur la table du Conseil. « Le CNESE s’active à diminuer les prix des produits de large consommation (à travers l’examen de ce dossier en vue de trouver des solutions à proposer au gouvernement). Parmi les facteurs de ces hausses des prix, il a cité l’inflation importée (hausse du fret et des prix des produits de base à l’international). En tout état de cause, le CNESE, dans cette réflexion, devra en déterminer les causes véritables et si elles sont principalement dues à des facteurs exogènes ou endogènes. Sur l’informel, qui fait également partie de ces dossiers lourds, il a révélé que le chiffre de 90 milliards de dollars, correspondant à la manne de dinars circulant hors des circuits bancaires, est un calcul scientifique effectué par le CNESE, un travail de modélisation sur les flux circulant dans le circuit bancaire et hors circuit bancaire. Ce chantier-étude sur l’informel a pris 10 mois de travaux. Il est finalisé à 70%. « Nous travaillons avec un expert étranger de renommée mondiale pour finaliser ce travail ». L’amélioration du climat des affaires et l’investissement font partie également des dossiers lourds qui sont examinés par le CNESE.
Autre nouveauté, le CNESE s’érige en tant que pompier en cas de grève, a indiqué en substance Rachid Tir. En cas de conflits sociaux, en d’autres termes, le CNESE joue le rôle de médiation entre les patrons ou le patronat ou les responsables de l’administration et les représentants des travailleurs. Il est, en outre, assigné au CNESE un rôle important, celui d’engager le dialogue social avec les opérateurs économiques, les représentants des travailleurs et la société civile. Il joue en d’autres termes le rôle d’intermédiaire entre les opérateurs économiques, le patronat et le gouvernement. En matière de lutte contre la bureaucratie, il recueille les plaintes des investisseurs. « Nous sommes en train de traiter 20 requêtes d’investisseurs qui se plaignent de blocages de leur investissement. Nous essayons de trouver des solutions et de les proposer au gouvernement afin de libérer ces investissements. » Le président du CNESE a également indiqué qu’il joue un grand rôle dans l’évaluation des politiques publiques. Tous les six mois, il élabore notamment un rapport sur l’activité du gouvernement, a-t-il ajouté. On en est à trois rapports. Le troisième sera bientôt finalisé, a-t-il ajouté. Le CNESE est le super conseiller du gouvernement. Il donne son avis sur les lois de finances, les nouveaux textes de loi en cours d’élaboration et propose l’élimination de dispositions de loi ou textes dits toxiques qui entravent le développement du pays, l’investissement ou la qualité des services publics. Le CNESE a, dans ces chantiers, droit d’accès aux documents, données et informations des ministères et autres institutions de l’Etat, a souligné Rachid Tir.
Il a enfin déclaré que le CNESE sera transparent et rendra publiques ses publications (rapports et documents) à travers ses plateformes numériques. Il a estimé que la confiance à l’égard de l’Etat et ses institutions sera recouvrée à travers les nouvelles mesures des pouvoirs publics et que la diaspora sera impliquée dans la nouvelle dynamique de développement du pays, en particulier, à travers les 8 membres de la nouvelle composante du CNESE, des sommités scientifiques, à l’exemple de M. Haba, désigné par le Président de la République comme membre du CNES. Ce dernier, une sommité de Silicon Valley, détient, selon une source sûre, 200 brevets. Ces 8 membres vont contribuer à l’acquisition de savoirs technologiques par l’Algérie et à la veille technologique. n