Sonatrach est en quête de marchés à l’international, marquant ainsi un changement majeur dans sa politique d’investissement, basée, jusqu’ici, sur des projets de développement pétroliers et gaziers sur le sol algérien, exception faite de ses projets en Libye.

Confronté à une diminution drastique des revenus suite à la baisse des cours du pétrole sur le marché international, le groupe Sonatrach accélère sa stratégie d’internationalisation, au risque de se voir distancer par nombre de compagnies nationales. A cet effet, le P-DG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, a entamé, hier, à Lima (Pérou), une visite de travail pour discuter de partenariat et d’investissements avec de hauts responsables du secteur énergétique péruvien.Sonatrach voit son avenir désormais dans la diversification de ses investissements, tant en interne qu’à l’international. A Lima, le patron du groupe devrait rencontrer le ministre de l’Energie péruvien, Francisco Ismodes Mezzano, et le vice-ministre encharge des hydrocarbures, Eduardo Alfredo Guevara Dodds, a-t-on annoncé. Il aura également des entretiens avec les responsables de l’agence péruvienne chargée de la régulation de l’amont pétrolier, ainsi qu’avec James Atkins Lerggios, président du conseil d’administration de PetroPeru, la compagnie pétrolière nationale du Pérou. C’est un pays où Sonatrach exploite, depuis quelques années déjà,des projets gaziers en association avec des sociétés péruviennes. Le P-DG du groupe public des hydrocarbures entend mettre à profit son déplacement au Pérou pour discuter des projets gaziers développés par Sonatrach dans ce pays. Il devrait s’entretenir, à cet effet, avec les actionnaires de TgP, société péruvienne détenue par un consortium de multinationales, composé d’Enagas, Sonatrach et du fonds de pensions canadien CPPIB.En marge de cette visite, il tiendra une séance de travail avec le personnel de son groupe au siège de Sonatrach Peru, pour faire le point sur le projet pétro-gazier Camisea, dans lequel le groupe algérien est associé, ainsi que sur le projet de transport de gaz TgP. Il sera également question, bien sûr, des perspectives de développement concernant ces deux importants projets. Depuis peu, le groupe Sonatrach nourrit de grandes ambitions à l’international. Ce qui explique le rachat de la raffinerie Augusta en Italie. Signe de ce changement de cap, Sonatrach négocie depuis quelques mois déjà avec 14 firmes internationales dans le but de créer une joint-venture spécialisée dans le négoce international et la commercialisation des produits pétroliers.
Elle devrait voir le jour sous peu et doter ainsi Sonatrach d’une nouvelle force de frappe à l’international. C’est un projet qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie d’internationalisation du groupe, alors qu’il est déjà présent au Niger, en Irak, au Pérou et en Libye, à travers des contrats d’exploration et de développement. La stratégie future consiste à étendre les activités de Sonatrach à l’étranger au-delà de sa présence dans l’amont pétrolier et gazier. L’idée de base serait d’investir dans le raffinage, le négoce international et la commercialisation des produits pétroliers et du gaz. Il n’est pas exclu que des partenaires étrangers présents dans le pays soient impliqués dans les années à venir dans l’exportation et la commercialisation du gaz produit en Algérie, ce qui était jusqu’ici un domaine réservé exclusivement à Sonatrach.