Le nom de Farid Bedjaoui réapparaît de nouveau à l’occasion d’une polémique au Liban concernant une série de naturalisations qui suscite la controverse parmi la classe politique de ce pays.

Le 14 juin dernier, le Parti socialiste progressiste libanais (PSP), du leader druze Walid Joumblatt, a introduit un recours auprès du Conseil d’Etat pour protester contre une série de naturalisations jugées indésirables. Il s’agit d’un décret non publié, datant de janvier, autorisant la naturalisation d’environ 400 personnes, à majorité palestinienne et syrienne. Mais parmi ces personnes apparaît le nom d’un Algérien, celui de Farid Bedjaoui, qui détiendrait également la nationalité française. Le nom de celui qui reste l’un des personnages-clé de l’Affaire Saipem-Enie suscite, à l’instar d’autres personnes de la liste, une large réaction de désapprobation. «Est-ce cela le genre de personnes que le Liban honore en leur offrant la nationalité ?
Le Liban ne souffre-t-il pas assez de la corruption pour, en plus, importer les champions des contrats douteux ?», s’est interrogé le parti de Walid Joumblatt. «Avec les Forces libanaises et les Kataëb, le PSP fait partie des opposants à ce décret», entré en vigueur le 11 mai après sa signature par le président Michel Aoun, le Premier ministre, Saad Hariri, et le ministre de l’Intérieur, Nohad Machnouk. N’ayant pas été publié au Journal officiel, il a, ainsi, «suscité de vives réactions quant aux circonstances ‘’secrètes’’ ayant entouré son adoption, dévoilée par des médias», souligne le quotidien libanais «L’Orient Le Jour ».
Farid Bedjaoui, neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères Mohamed Bedjaoui, a séjourné longtemps au Liban, mais aussi au Canada. En février 2018, le parquet de Milan, en Italie, a requis huit ans de prison à son encontre pour son rôle d’intermédiaire dans le scandale de corruption Sonatrach-ENI. Cette affaire concerne 198 millions d’euros de commissions octroyées par Saipem à des intermédiaires pour l’obtention de contrats gaziers d’une valeur de 8 milliards d’euros. Ces sommes auraient été versées par Saipem, filiale du groupe italien ENI, à l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, et à son entourage, à travers plusieurs sociétés offshore détenues notamment par son «ami» Farid Bedjaoui. Les deux hommes se seraient rencontrés la première fois au Liban, en 2002. Recherché par Interpol depuis 2014, Farid Bedjaoui a vu une partie de ses avoirs à l’étranger gelés par la justice italienne.