L’Algérie le connaît et il connaît l’Algérie pour avoir été le driver de son équipe nationale. En matière de formation, Christian Gourcuff a sa renommée. Plus que celle d’entraîneur d’ailleurs. Ainsi, Djahid Zefizef, président de la Fédération algérienne de football, pense à lui confier les manettes de la Direction technique nationale (DTN). Toutefois, les chances de voir le Français accepter le poste ne seraient pas conséquentes pour ne pas dire quasi-nulles. Explications.

Par Mohamed Touileb
En effet, celui qui a dirigé l’EN à 21 reprises entre le 1er août 2014 et le 3 avril 2016 ne garde franchement pas de bons souvenirs de son passage aux rênes technique des « Verts ». Notamment les derniers mois qui étaient très difficiles et hostiles. Les séquelles du divorce peuvent être dissuasives pour qu’il revienne sur les lieux. Même 6 ans plus tard.

Les derniers mois compliqués en Algérie
Le ressenti se résume dans une déclaration faite par Gourcuff lorsqu’il était sur le banc du Stade Rennais après la fin de son aventure algérienne. « Les choses qui font mal, j’ai connu ça dans une situation antérieure et c’est aussi pour ça que j’ai quitté l’Algérie à un moment donné, c’est-à-dire que les mensonges et les manipulations impactent votre travail », s’était-il souvenu.
L’allusion certainement à la véritable cabale médiatique dont il avait fait l’objet lors des derniers mois sur le banc Dz. Notamment au mois d’octobre 2015, en marge des deux matchs amicaux contre la Guinée et le Sénégal. C’est dans un stade 5-Juillet-1962 (Alger) que la machination de retourner l’opinion contre lui a commencé. Sifflets, chants et banderoles réclamant son départ, le processus était enclenché. S’il a résisté à cette première averse, le successeur de Vahid Halilhodzic rendra le tablier en mars 2016 après le nul (3-3) chez l’Ethiopie à Addis-Abeba dans les éliminatoires de la CAN-2017. Au moment de partir, Gourcuff avait laissé l’EN aux commandes de sa poule avec 10 points pris sur 12. C’est pour dire que ce ne sont pas les résultats qui ont eu raison de lui mais plus les hostilités à son égard.

Ressentiment et sentiment anti-Français
Par conséquent, il n’est pas vraiment envisageable de le voir revenir sur les lieux. Même si Raouraoua, qui serait l’instigateur de ladite « conspiration » n’est plus le boss de la structure fédérale. Cependant, les facultés techniques de Gourcuff à mettre en place un vrai plan de DTN ne sont pas discutables. Toutefois, la réticence, voire le refus, de revenir en Algérie sont compréhensibles quand on se rappelle comment sa période s’était terminée. On peut donc penser qu’il sera -inévitablement et perspicace qu’il est- amené à décliner la proposition de Zefizef. Pour clore, notons que Gourcuff, qui avait atteint le 1/4 de finale de la CAN-2015 avec les « Fennecs » avant de se faire sortir par la Côte d’Ivoire (sacrée lors de ladite édition), n’est plus sur le circuit depuis le 8 décembre 2020 et son ultime passage très mitigé sur le banc du FC Nantes. A 67 ans, il est déjà en pré-retraite. Lui confier une mission aussi sensible pour un plan sur le long terme ne paraît pas franchement judicieux. Sans oublier le sentiment anti-français qui anime certains et qui augmente la probabilité de rejet de son retour qui serait une fausse bonne idée. Mais, qui sait ? n