Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui, a insisté, hier, sur l’impérative révision de la carte sanitaire et la création de circonscriptions sanitaires.

Le ministre de la Santé, de la Population et de la réforme hospitalière, Mohamed Miraoui, a rencontré, hier, les directeurs de wilaya relevant de son département pour une réunion de travail autour des «insuffisances» constatées dans son secteur.
Il abordera en premier lieu la carte sanitaire. Il a indiqué qu’un travail de diagnostic du secteur par wilaya été lancé par son département. «Nous avons demandé aux directeurs de wilaya de la santé et de la population d’élaborer une feuille de route et une carte sanitaire locales qui prennent en compte les particularités et les spécificités de chaque wilaya», ajoutant que «les cartes sanitaires définiront les besoins que nous allons prendre en charge».
Le ministre expliquera que cette carte sanitaire va rentrer dans la nouvelle stratégie du ministère de la Santé portant révision imminente de la loi cadre de la santé, cette nouvelle carte introduira le concept de «circonscription sanitaire».
Ainsi, cette nouvelle carte sanitaire introduira en fait une décentralisation de la gestion des polycliniques et dispensaires qui ne dépendront plus du directeur de l’hôpital de l’ancien secteur sanitaire.
Par ailleurs, la réunion a permis, également, de passer en revue les contraintes liées au fonctionnement de tous les services hospitaliers, notamment en matière de disponibilité et d’entretien régulier du matériel et des équipements médicaux. «Nous avons préparé une nouvelle feuille de route consistant en la réorganisation du schéma de soins du patient. Il est très important d’améliorer les conditions de travail des praticiens et des paramédicaux, et par conséquent, la prise en charge du malade », a expliqué le ministre.

La chaîne de distribution du médicament pointée du doigt
Poursuivant son intervention, le ministre a, encore une fois, abordé le problème de l’indisponibilité de certains médicaments dans les officines. Une situation qui s’est aggravée depuis quelques mois. Les patients souffrant de maladies chroniques peinent à se procurer leur traitement. Selon Mohamed Miraoui «cette situation n’est pas propre à l’Algérie, puisque la rupture d’approvisionnement en médicaments est un problème qui affecte de nombreux autres pays de par le monde, notamment les plus développés ». «On a constaté qu’il y a une tension sur certaines marques, on parle de médicaments précis alors que les génériques existent», a-t-il fait remarquer.
Il a rappelé également qu’une cellule de veille, composée de tous les acteurs concernés par le médicament, a été installée. Il a été question également d’installer le même comité au niveau de chaque wilaya afin d’identifier la source de ce dysfonctionnement. «Les premières enquêtes qui ont été faites font ressortir qu’il y a un problème au niveau des distributeurs », a-t-il révélé.
Des mesures seront donc prises à l’encontre de ces distributeurs qui risquent, selon le ministre, le retrait des agréments. «La semaine prochaine un communiqué officiel sera remis à la presse sur les mesures prises par rapport aux carences qu’on a constatées sur le marché», a-t-il conclu.

Une meilleure prise en charge
Le ministre a insisté sur la nécessité de remédier à tous les dysfonctionnements en matière d’accueil, d’orientation et d’hygiène hospitalière au niveau des urgences. Il a également appuyé sur l’amélioration de la gestion des moyens et des capacités des structures hospitalières et ce pour faciliter et organiser la prise en charge des malades, notamment au niveau du service des urgences médicochirurgicales.

Violence : le ministre encourage le dépôt de plainte
Concernant les agressions et violences à l’encontre du personnel hospitalier, il estime que ces comportements sont inadmissibles. Il dira que c’est anormal qu’un médecin ou un paramédical soit agressé sur son lieu de travail. «Le citoyen algérien a le droit d’être mécontent du service rendu mais des moyens légaux existent pour l’exprimer, comme le dépôt de plainte », a-t-il souligné. Il est « impératif de déposer plainte et de se constituer partie civile contre tout auteur de violences sur le personnel de la santé en laissant la justice suivre son cours », a déclaré M. Miraoui, ajoutant qu’aucun individu quels que soient ses motifs« n’a le droit de se livrer à ces actes nuisibles et qui entravent le secteur, en général ». Le ministre a fait état d’un plan visant le renforcement des services des urgences- le plus touché par ces actes- en corps médical et paramédical, la formation des agents de sécurité, l’installation de dispositifs de surveillance et l’augmentation du nombre des polycliniques pour la prise en charge des consultations spécialisées.
Le ministre a, également, mis l’accent sur la nécessité d’accompagner et de renforcer l’organisation prévue dans le guide de prise en charge de la femme gestante et le suivi de l’évolution de sa grossesse dans les hôpitaux publics ou privés, afin de lui assurer une prise en charge optimale. Il a également appelé à conjuguer les efforts de tous les acteurs du secteur de façon à assurer une bonne prise en charge de la santé de la mère et de l’enfant.

Levée de gel pour les hôpitaux de Bechar et Ouargla
Le ministre de la Santé, de la Population et de la réforme hospitalière a par ailleurs annoncé la levée du gel qui frappait la réalisation des hôpitaux de Béchar et Ouargla qui ont été inscrits mais dont le lancement des travaux n’est pas encore fait. Le ministre a évoqué toujours concernant le Sud, «la réception des nouveaux projets et l’accélération des projets accusant un retard de réalisation pour des raisons subjectives, la mise en service des structures réceptionnées mais non opérationnelles, outre la mise en service des équipements médicaux n’ayant pas encore été utilisés ».