Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Makri a rencontré le président du parti Talai El Houriyat, Ali Benflis, et le président du parti du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès.

Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP) a reçu en effet le président du MPA, Amara Benyounès. La rencontre, qui a eu lieu dimanche au siège du parti islamiste, première du genre, entre dans le cadre d’une série d’entrevues qu’entend organiser le MSP pour expliquer son initiative de consensus national.
« L’occasion était pour le président du Mouvement d’exposer le projet de consensus national pour une transition politique et économique réussie », pouvait-on lire hier dans un communiqué laconique du MSP, précisant que Makri a aussi rencontré Ali Benflis, président de Talaie El Hourriyet. Ce tête-à-tête remonte par contre à la fin de la semaine dernière. Selon le MSP, « il y a un consensus sur l’analyse de la situation politique, économique et sociale du pays et la nécessité de sortir de la crise en se mettant d’accord sur une stratégie politique claire garantissant un processus consensuel et dont l’élection présidentielle constitue l’occasion idéale ».
Les rencontres de Makri avec Benflis et Benyounès ne sont que les premières. En effet, le parti compte s’entretenir avec tous les acteurs de la classe politique de l’opposition comme du pouvoir, voire même avec les responsables du pouvoir exécutif. « Nous avons adressé des invitations à tout le monde sans aucune distinction », affirme Bouabdellah Benadjaimia, porte-parole du MSP. Pour lui, le parti n’a aucun complexe à se réunir avec d’autres formations politiques qui ne partagent pas la même vision ou idéologie. La preuve, ce tête-à-tête entre Makri et Benyounès. Ce dernier, connu pour ses positions qui tranchent catégoriquement avec l’idéologie islamiste, modérée soit-elle, que revendique le MSP, s’est montré disposé au dialogue.
Si pour Ali Benflis, le problème ne se pose pas puisque comme le MSP, Talaie El Hourriyet est dans l’opposition, il n’en demeure pas moins que pour le Mouvement populaire algérien (MPA), les choses semblent un peu ambiguës, sinon surprenantes. L’on ne sait pas pourquoi Amara Benyounès, un fidèle soutien du président Abdelaziz Bouteflika et président d’une formation politique faisant partie de la majorité parlementaire, est allé voir Makri qui jure par l’opposition radicale au pouvoir.
Bien qu’il s’agisse seulement d’une rencontre d’échange de positions, il est pourtant curieux de s’interroger sur la rapidité avec laquelle cette rencontre a eu lieu, alors que le MSP n’a même pas rencontré la majorité des partis de l’opposition, encore moins ceux du pouvoir, le FLN et le RND. Plus que ça, lors de ces entretiens avec Benflis et Benyounès, le MSP dit avoir trouvé que ces deux chefs de parti « partagent l’idée qu’il n’y a pas d’autre solution pour une sortie de la crise que le consensus ».
Les détails de concrétisation de cette initiative n’ont pas été abordés car, le plus important étant de se mettre d’accord sur la nécessité de s’asseoir autour de la table du dialogue pour parler de la situation et des moyens de la dépasser, sans conditions préalables », estime Benadjaimia, pour qui « l’intérêt de l’Algérie doit être au-dessus des calculs idéologiques et politiciens ».

« Timing »
Rappelons que cette initiative a été rendue publique au mois de mai dernier, à l’issue du congrès extraordinaire du MSP. Le président du parti, Abderrezak Makri, avait fait part de contacts en direction de tous les partis du pouvoir et de l’opposition en vue de construire un consensus national. Le timing est d’autant plus favorable, semble-t-il, pour le parti qui veut s’imposer sur la scène politique, à quelques mois seulement du rendez-vous électoral de 2019.
Le MSP, qui ne cesse de répéter qu’il est concerné par l’élection présidentielle du printemps prochain, n’écarte aucune possibilité. Il pourra présenter son propre candidat comme il pourra soutenir un candidat de consensus ou encore boycotter l’élection. Quoi qu’il en soit, ses rencontres avec les acteurs politiques ne peuvent être qu’un travail qui contribue à renforcer sa présence sur le terrain. Il paraît ainsi clair que la première formation islamiste veut s’imposer en tant qu’acteur-clé dans le processus de succession à la magistrature suprême du pays.