PAR NAZIM B.
Une semaine après son report «à une date ultérieure», le rendez-vous de l’installation de la commission nationale chargée de la révision des subventions publiques n’est pas encore fixé, selon des formations politiques et des syndicats autonomes, qui affirment «ne pas avoir eu de nouvelles quant à sa reprogrammation». Aussi bien ceux qui ont désigné leurs représentants pour la rencontre, initialement prévue mercredi dernier, que ceux qui ne l’ont pas fait et qui n’avaient pas encore tranché leur participation ou pas, sont dans l’expectative pour un rendez-vous d’une importance capitale dans la mesure où le budget des ménages sera directement impacté.
C’est ce que nous a expliqué une voix du Parti des travailleurs (PT) qui rappelle la position de principe de cette formation politique, qui a décidé de prendre part à cette rencontre pour dire «clairement» et de manière «responsable» son opposition à toute démarche allant dans le sens de «remettre en cause cet acquis».
Pour sa part, Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) qui, tout en soulignant que son organisation «n’avait pas envoyé le nom de son représentant à la rencontre prévue la semaine dernière», déclare «ignorer» toute nouveauté à ce sujet. Il relève cependant une probable cause de ce report en estimant que «les parties chargées de préparer ce rendez-vous ont dû se rendre compte que les conditions n’étaient pas encore réunies pour un rendez-vous de débat sur la question des subventions publiques».
Le thème des subventions publiques, aura pris, faut-il le souligner, une place de choix dans les discussions qu’a eues lundi le président Tebboune avec le chef de l’UGTA, Salim Labatcha, qui s’est dit «rassuré» par le discours du chef de l’Etat à ce propos. Pour d’autres voix parmi les représentations syndicales et associatives conviées à la rencontre de mercredi dernier, la «reprogrammation de ce rendez-vous dépendra de l’agenda du président de la République» attendu dans les prochains jours à Rome pour une visite officielle.
Ce qui revient à comprendre, selon les mêmes entités, que l’installation de ladite commission «ne peut s’effectuer» dans les prochains jours, une situation qui permet aux services de la Présidence de peaufiner leur préparation et de rendre «recevable» auprès des partis politiques et des syndicats un projet de refonte des subventions publiques. Le président Tebboune avait soutenu, le jour même où il avait annoncé la «levée, d’ici la fin de l’année, des subventions sur certains produits dans le cadre d’un mécanisme national» qu’il s’agira «seulement d’orienter les subventions au profit des véritables bénéficiaires». Il avait souligné alors que les dépenses budgétaires feront l’objet d’une «révision structurelle», affirmant que «les subventions au profit des classes vulnérables et moyennes étaient irréversibles, en ce sens qu’elles représentent l’un des principes de l’Algérie indépendante, consacré dans la déclaration du 1er Novembre».
Auparavant, c’est le Premier ministre qui a déclaré qu’il sera mis en place «un dispositif national de compensation monétaire au profit des ménages qui y sont éligibles», expliquant que «ce dispositif à mettre en œuvre suite à la révision et l’ajustement des prix des produits soutenus, sera concrétisé à travers un programme de transfert monétaire direct au profit de ces ménages».
Les modalités d’application «seront fixées par voie règlementaire notamment, la liste des produits subventionnés concernés par la révision des prix, les catégories de ménages ciblés, les critères d’éligibilité à cette compensation et les modalités de transfert monétaire», est-il noté dans la Loi de finances 2022.
Il faut rappeler que Aimene Benabderrahmane avait indiqué en mi-septembre dernier, lors de la présentation du Plan d’action du gouvernement à l’APN, que la réforme du système de subvention sociale se fera à travers «le passage au virement au profit des familles nécessiteuses qui bénéficieront d’un revenu supplémentaire comme indemnisation de la hausse des prix (engendrée par la suppression des subventions directes)». Le même responsable a ajouté que l’expérience acquise par l’Etat dans la politique sociale a démontré que la majorité des dispositifs généralisés sont «abusifs», du fait qu’ils «profitent essentiellement aux couches des populations aisées». Il a relevé, dans ce sens, que l’évaluation préliminaire du niveau des subventions fait ressortir un montant qui avoisine en moyenne 3 250 milliards de dinars par an sur la période 2012-2017 (soit environ 19,3% du PIB) ce qui représente entre 30 et 41 milliards de dollars en fonction de la fluctuation du taux de change. <