Par Bouzid Chalabi
L’installation en avril dernier par le ministère des Ressources en eau d’un groupe de travail chargé du dossier de l’expiration, le 31 août 2021, du contrat de partenariat entre la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) et l’entreprise française Suez et, surtout, la nomination d’un Algérien à la tête du conseil d’administration de la Seaal sont deux indices forts qui cautionnent la non-reconduction dudit contrat.
Rien d’étonnant dans cette prise de décision si l’on se réfère à de nombreux éléments qui prévoyaient un tel arrêt. En effet, l’entreprise française a fait l’objet, depuis quelques années, de nombreuses mises en demeure, mais celles de ces derniers mois ont fait déborder le vase du mécontentement au ministère des Ressources en eau. Au point où l’ex-ministre du secteur Mustapha Kamel Mihoubi, lors d’une sortie médiatique au mois d’avril dernier, avait révélé que le contrat avec le partenaire français (Suez), assurant la gestion déléguée de l’eau dans les villes d’Alger et Tipasa à travers la Seaal, pourrait ne pas être reconduit en raison d’«irrégularités constatées dans l’application du contrat susmentionné». Accusant à la même occasion le partenaire français «d’avoir failli à ses engagements, notamment dans le cadre de son troisième contrat, puisqu’aucun effort n’a été enregistré sur le terrain en matière de lutte contre les fuites».
Notons que Mihoubi avait jugé que le mode de montage actuel du contrat «ne répond pas aux exigences actuelles» et doit donc être «revu ou résilié». Faut-il savoir, par ailleurs, que le ministre de l’époque avait également estimé que la Seaal «n’a pas mis les moyens nécessaires pour évaluer et résorber le phénomène des fuites d’eau qui représente le maillon faible de cette société, créée en 2006.
De ce fait, il avait été décidé de placer la Seaal sous l’autorité d’un conseil d’administration présidé par Karim Hosni qui a, ensuite, été nommé ministre des Ressources en eau et de la Sécurité de l’eau. Ce dernier, très au fait du dossier de partenariat va certes peser de tout son poids pour mettre les choses au clair.
Pour l’heure, il importe de savoir qu’une réunion extraordinaire du conseil d’administration de la Seaal s’est tenue, hier, en son siège et se poursuit aujourd’hui avec, pour ordre du jour principal, la nomination d’un nouveau directeur général avec cette particularité qu’il sera Algérien cette fois. Pour la première fois depuis l’entrée en fonction dudit contrat de partenariat, entré en vigueur en 2006, un Algérien va donc succéder au Français Yves Faguerazi, alors que dans le cadre de cet accord de partenariat, la présidence du conseil revenait toujours à un ressortissant français. A partir de cette donne, cela conduit à penser que Suez va certainement quitter le pays. Nous en saurons un peu plus à l’issue de la réunion extraordinaire.