Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, a appelé les pays à réduire considérablement leurs émissions de carbone, alors que les ONG environnementales attendent les gouvernements au tournant. Une soixantaine de dirigeants mondiaux se retrouvent à l’ONU pour un sommet sur « l’urgence climatique » censé revigorer le chancelant accord de Paris, alors que jamais l’humanité n’a rejeté dans l’atmosphère autant de gaz à effet de serre.

Par la Rédaction Internationale
Le sommet n’est qu’un « tremplin » vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020, quand les pays seront censés soumettre à l’ONU des engagements révisés à la hausse de lutte contre le changement climatique. Selon l’ONU, 75 des 195 pays signataires de l’accord de Paris ont déjà dit leur intention de le faire. Les Etats-Unis de Donald Trump n’en font pas partie. Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, a appelé les pays à modifier leurs comportements sur plusieurs points: il souhaite que les dirigeants baissent leurs émissions de carbone de 45% d’ici à 2030, qu’aucune centrale à charbon ne voie le jour après 2020 et que toute subvention pour les énergies fossiles soit coupée. C’est une première pour un secrétaire général de l’ONU. 

Grands discours
Les grands discours à l’Assemblée générale de l’ONU commenceront aujourd’hui, mais les quartiers de New York autour des Nations unies, quadrillés par la police, vibrent déjà du vacarme des cortèges officiels, des centaines de rencontres et d’événements étant prévus dans la ville. Dans l’actualité plus brûlante, l’Amazonie sera le sujet d’une réunion organisée par le Chili, la Colombie et la France juste avant le sommet climat avec le lancement prévu d’une initiative pour la protection des forêts tropicales. Le sujet est sensible après que le président brésilien Jair Bolsonaro a dénoncé une remise en cause de la souveraineté du Brésil, qui contient la majorité de la forêt amazonienne. Symbole de la jeunesse révoltée, la Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, a été invitée à prononcer devant les dirigeants un discours qu’on attend sans détours. Le président américain sera dans les murs mais s’exprimera à un événement sur la liberté de religion. Le Brésil et l’Australie, dont le Premier ministre conservateur était à la Maison Blanche la semaine dernière, non plus, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, accusée de dévorer du charbon et émettre deux fois plus de gaz à effet de serre que les Etats-Unis, s’exprimera par la voix de son chef de la diplomatie, Wang Yi. 

Trois minutes par pays
Chaque dirigeant aura trois minutes. L’Indien Narendra Modi, dont le pays est comme la Chine fidèle au charbon mais qui installe des quantités industrielles de panneaux solaires, commencera la journée avec Angela Merkel et les dirigeantes de Nouvelle-Zélande et des Îles Marshall, dans le Pacifique. Un nombre important d’Etats devraient annoncer leur intention d’être neutres en carbone d’ici 2050, selon Antonio Guterres, c’est-à-dire qu’ils réduiront grandement leurs émissions et compenseront le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l’air. Ce but de « neutralité carbone », considéré si radical en 2015 qu’il avait été exclu du texte de l’accord de Paris, est devenu un point de ralliement pour de plus en plus d’Etats (Royaume-Uni, France… Union européenne…) et de multinationales, rendu plus pressant par les canicules de l’été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’œil.  

Les ONG attendent les Etats au tournant
Pour l’instant, chaque Etat reste libre de fixer ses objectifs, et son année de référence, ce qui rend les comparaisons plus difficiles. A noter que même si tous ces objectifs déclarés étaient atteints, cela ne suffirait pas à contenir le réchauffement de la planète « nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels », comme le stipule l’accord de 2015 – ces engagements conduiraient à un réchauffement d’environ 3°C, selon l’ONU.n