Les chefs d’État de la communauté ouest-africaine ont rendez-vous aujourd’hui dimanche à Accra pour un sommet extraordinaire dédié exclusivement au dosser malien. Le président en exercice de la Cédéao, le Ghanéen Nana Akuffo Addo, a invité ses pairs de la communauté régionale pour parler d’une seule voix face à la crise politique au Mali et décider quelle réponse donner au nouveau président de la Transition, le colonel Assimi Goïta.

Par Salim Benour
Invité au sommet extraordinaire, qui devrait débuter vers 14 heures, le colonel Goïta sera lui aussi présent à Accra. Selon des sources proches de lui à Bamako, il aura plusieurs messages à communiquer aux chefs des Etats membres de la Cédéao. Il donnera également les «éclairages nécessaires» sur les récents développements de la situation politique au Mali. Entre les deux parties, ce sera donc un face-à-face décisif sur lequel plane l’ombre des sanctions contre le régime militaire malien mais qui pourrait aboutir aussi à un compromis, la situation économique et sécuritaire au Mali n’étant pas propice aux sanctions sévères.
Mercredi 26 mai, le Conseil de sécurité de l’ONU a d’ailleurs condamné l’éviction par les militaires des autorités civiles de transition au Mali, sans toutefois parler de coup d’Etat ni de prévoir la possibilité de mesures de coercitives. Ce qui devrait être demandé au colonel Goïta, aujourd’hui à Accra, c’est de respecter sans doute les délais de la transition fixés à dix-huit mois et la remise du pouvoir aux civils début 2022 comme il s’est engagé, lui et ses officiers durant l’été 2020 après la destitution de l’ancien chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keita (IBK).
Vendredi, 28 mai, rappelons-le, la Cour constitutionnelle malienne a déclaré le colonel Assimi Goïta président de transition du pays, parachevant le coup de force déclenché lundi 24 mai avec l’arrestation du le président Bah N’daw et le Premier ministre Moctar Ouane, cautions civiles de la transition. Le colonel Goïta «exerce les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme», et il portera «le titre de président de la transition, chef de l’Etat», a proclamé la Cour constitutionnelle. Mardi 25 mai, il avait expliqué les avoir démis de leurs charges en les accusant d’avoir formé un nouveau gouvernement sans le consulter alors qu’il était vice-président en charge des questions de défense et de sécurité.
Leur mise à l’écart a ensuite été présentée comme une démission et les deux hommes ont été relâchés depuis mais ne se sont pas exprimés publiquement.
Avant sa désignation comme chef de l’Etat, le colonel Goïta, habituellement peu loquace, s’était adressé à des représentants du monde politique et de la société civile, sans rien dire sur le projet qui lui était déjà prêté de faire main basse sur les commandes. Il s’est engagé sur le fait de confier le poste de Premier ministre à une personnalité en vue du mouvement d’opposition M5 RFP lequel a choisi le docteur Choguel Kokalla Maïga. A suivre <