Le sommet de la Ligue arabe dont les travaux s’achèvent aujourd’hui devrait se terminer par de fortes résolutions en faveur de la cause palestinienne. Inspirées de la « Déclaration d’Alger » sur l’unification des rangs palestiniens, l’une d’elles portera sur la relance d’une offre de paix globale avec Israël contre le droit des Palestiniens à un Etat souverain
à Jérusalem-Est et le retrait total des forces israéliennes des territoires occupés et du Golan syrien.

Par Tania Gacem
L’Algérie a pris hier les rênes de la 31e session du Sommet de la Ligue arabe à l’ouverture des travaux de cet événement qui se déroule au Centre international des conférences (CIC) à Alger. Prenant le relais des mains de son homologue tunisien Kaïs Saïed, dont le pays avait assuré la présidence de la 30e session, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a incarné la nouvelle présidence algérienne de la Ligue par un discours inaugural au cours duquel il a insisté, sur la question palestinienne qui « reste la première question centrale du monde arabe ».
Lors de son intervention, le chef de l’Etat a mis l’accent sur la portée symbolique de la tenue du Sommet à la date-anniversaire du 1er-Novembre 54, insistant sur l’importance, pour l’Algérie, des questions de libération et d’émancipation des peuples dont le peuple palestinien.
Soulignant la centralité de la question palestinienne pour l’Algérie, il a confirmé les déclarations de son ministre des Affaires étrangères, lundi dernier, sur la décision des participants au sommet arabe d’Alger de relancer l’Initiative de Paix lancée à Beyrouth en 2002.
« Nous adhérons à l’Initiative de paix arabe comme seule solution à la cause palestinienne », a-t-il déclaré, ajoutant que « face à l’incapacité des Nations unies à imposer la solution à deux États, nous devons redoubler d’efforts et soutenir les Palestiniens ». « Les forces d’occupation » israéliennes « tuent des innocents, démolissent des maisons palestiniennes » et cherchent à dénaturer toute l’histoire de Jérusalem en s’attaquant aux monuments de la Ville Sainte.
Le président Tebboune a appelé à la formation d’un groupe de contact et de coordination arabe au niveau des Nations Unies afin d’aider la Palestine à devenir membre à part entière de l’organisation internationale multilatérale. Il a appelé à unifier les rangs des Etats arabes pour faire face aux nombreux défis auxquels font face leurs pays en cette conjoncture fort difficile et complexe.
«Ce sommet se tient dans une conjoncture extrêmement difficile, caractérisée par des bouleversements et crises multiples, ce qui nous met en tant que pays arabes face à des défis» immenses comme d’œuvrer à trouver une solution aux crises en Libye et au Yémen, a déclaré le Président Tebboune. Des conséquences qui se sont faites ressentir également sur le plan de la «sécurité alimentaire, alors que nous sommes» des pays qui ont leur «ressources» et «leurs richesses», a-t-il dit. Le chef de l’Etat a ensuite préconisé une « coopération plus accrue » dans le domaine économique. Avant lui, le président tunisien a déclaré que la paix ne peut prévaloir sans le respect et la défense droit des Palestiniens à un Etat. Il a souligné que son pays n’avait ménagé aucun effort pour maintenir les questions arabes au premier plan des préoccupations à tous les niveaux. Il a ajouté que « nous travaillerons pour que le groupe des Etats arabes ne soit pas en marge des solutions aux crises internationales, et nous continuerons à appeler à des solutions multilatérales car c’est le cadre le plus approprié pour résoudre les crises internationales ». «Comment pouvons-nous demander de l’aide à d’autres pays sur des sujets sur lesquels nous-mêmes nous ne sommes pas d’accord ?», s’est-il demandé, avant de préconiser que la voie devant être empruntée par les pays arabes est celle qui transcende les divergences. Pour lui, le slogan choisi par l’Algérie de Sommet rassembleur ou unificateur ne devrait pas être un slogan creux, mais devrait plutôt «traduire sur le terrain une réelle solidarité entre les pays arabes», a déclaré Kais Saied, dans son allocution prononcée lors de la passation de la présidence du Sommet arabe à son homologue algérien.
De son côté, le secrétaire général de la Ligue des États arabes, Ahmed Aboul Gheit, a déclaré que la tenue du sommet arabe est arrivée en son temps et en « son heure », d’autant plus , a-t-il ajouté, que le monde assiste à des changements sans précédent. M. Aboul Gheit a souligné que la région arabe est au cœur des crises qui soufflent sur le monde, en raison de sa place dans l’équation des approvisionnements et énergétique et des prix mondiaux. En raison, également, de son exposition au changement climatique dont « elle est victime » avec de graves conséquences sur ses ressources en eau et sur « sa sécurité alimentaire ». <