Le Sommet Afrique-France, le 27e du genre, a clos ses travaux samedi dernier dans la capitale malienne par un vibrant plaidoyer en faveur d’un partenariat ambitieux, moderne et mutuellement bénéfique entre les parties 

engagées dans ce sommet. Les dirigeants présents à ce Sommet ont appelé à poursuivre et à approfondir le dialogue sur la question de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme ainsi que sur celle des migrations ; cela à travers une concertation régulière fondée sur les principes de la solidarité, du partenariat et de la responsabilité commune et partagée. Ils ont insisté sur l’importance des mobilités, du tourisme, du partage d’expertise et de la circulation des compétences afin de favoriser le dynamisme économique et l’innovation et répondre aux besoins des individus. Ils ont souligné, en outre, la nécessité de promouvoir une croissance solidaire permettant le développement et la diversification des économies africaines de manière à créer des industries et des emplois réels. Le Sommet de Bamako s’est terminé également par l’affirmation de l’Algérie, représentée par son Premier ministre Abdelmalek Sellal, de sa «pleine disponibilité de l’Algérie à poursuivre son soutien à l’aboutissement du processus de mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali », soulignant l’importance de « relever les défis qui menacent la stabilité et la sécurité au Sahel et la croissance économique en Afrique ». La sécurité au Sahel, a été toutefois l’un des points clefs de l’intervention de M. Sellal. Il a saisi cette occasion pour mettre en garde contre le terrorisme, le crime organisé transfrontalier, le trafic de drogues, d’armes et de personnes, le kidnapping ainsi que la traite des personnes et la migration. Tous ces problèmes, constituent, a-t-il affirmé, des « défis qui nous interpellent collectivement pour renforcer notre coopération bilatérale, régionale et internationale dans un esprit de responsabilité collective et de solidarité active, partant du principe de l’indivisibilité de la sécurité et de l’exigence de sa réalisation pour tous ».
Cap sur le sommet de l’UA
Les observateurs ont relevé que le rendez-vous franco-africain de Bamako durant lequel Abdelmalek Sellal s’est entretenu en tête-à-tête avec plusieurs dirigeants dont le président français François Hollande, le président congolais Denis Sassou N’guessou, le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz et le vice-président du Kenya William Ruto, a semblé être un tour de chauffe avant le grand rendez-vous panafricain d’Addis-Abeba à la fin de ce mois, le Sommet de l’Union africaine (UA) La raison est double : en Ethiopie, il sera question de l’élection d’un nouveau président de la Commission exécutive de l’UA après la fin du mandat de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma. Il y sera question également de l’examen du dossier du retour du Maroc dans le giron panafricain. Rabat a claqué la porte de l’Organisation de l’Unité africaine en 1984 sous le règne de Hassan II. Après 32 ans de défection, son fils le roi Mohamed VI, a exprimé son intention de rompre avec la politique de la chaise vide et de retrouver sa « place naturelle » au sein de l’UA. Après avoir annulé à la dernière minute le déplacement qu’il devait effectuer à Kigali à l’occasion du 27e Sommet de l’UA – à la suite du refus du président en exercice de l’UA le Tchadien, Idriss Deby Itno de l’autoriser à prendre la parole pour rester conforme aux règlements et à l’acte constitutif de l’UA,
Mohamed VI devrait être présent à Addis-Abeba pour défendre le dossier d’adhésion de son pays, l’Union panafricaine ayant changé de statut depuis plus d’une décennie à l’époque où le Maroc n’y était plus. Il devrait surtout engager un rude bras de fer avec les indépendantistes sahraouis décidés eux aussi à faire prévaloir leurs intérêts et continuer à défendre leur droit à l’autodétermination au sein de l’Union. Pour le chef du gouvernement marocain, Abdlilah Benkirane, Mohamed VI ira au sommet « pour défendre l’entrée du Maroc à l’Union africaine ». Pour le président de la RASD, Brahim Ghali il ne saurait être question d’un quelconque retour du royaume chérifien dans le giron panafricain s’il ne respecte pas l’une de ses règles cardinales : la lutte contre toute forme de domination coloniale. Entre les deux parties en conflit, se jouera aussi une formidable bataille diplomatique entre les tenants d’une solution telle que programmée par les Nations-Unies : un référendum pour un règlement du dossier du Sahara occidental, les pro-marocains qui se recrutent surtout parmi les Etats d’Afrique de l’Ouest et les neutres que chaque partie essayera de convaincre. Parmi les soutiens de la cause sahraouie, l’Afrique du Sud s’est déjà exprimée par le biais de son président Jacob Zuma qui a affirmé ne pas comprendre qu’il existe encore dans le continent un dossier de décolonisation. L’Algérie partage la même vision. Son Premier ministre a indiqué à Bamako que le sommet d’Addis-Abbeba « est important ». « Nous allons vers la tenue à la fin du mois du Sommet de l’UA au cours duquel nous aborderons des points très importants dont l’adhésion du Maroc à l’UA et l’élection du nouveau président de l’Union ainsi que tous les conseillers », a déclaré M. Sellal. «L’Algérie a son poids », a-t-il souligné, ajoutant « nous irons au sommet dans les meilleures conditions », confirmation que le rapport de force sera rude et mettra en scène – car il s’agit d’argent et de financements aussi – les grands donateurs de l’UA parmi lesquels figurent l’Algérie et l’Afrique du Sud.