L’Europe commencerait-elle à regretter les sanctions imposées à la Russie ? Un retour en arrière serait-il possible ? Ne fallait-il pas suivre l’option diplomatique choisie par le président français ? Autant de questions qui taraudent les dirigeants européens qui ont été trop prompts à dégainer, imitant en cela Washington qui a choisi l’affrontement bien avant que les troupes russes foulent le sol ukrainien.
En optant pour des répressions touchant tous les secteurs de l’économie de Moscou, le retour de bâton n’a pas tardé, puisque dépendant en partie de la technologie occidentale, la Russie a enregistrés des pannes, réelles ou feintes, de son appareil énergétique pour la livraison des quotas européens. Résultat des courses, Nord Stream 1et 2 ne cesse de s’enrhumer menaçant toute l’Europe de très puissants toussotements. La source du gaz russe pourtant très indispensable à l’Union européenne pour l’économie et le confort de sa population n’a pas été prise en compte pour la durée. L’invasion de l’Ukraine qui ne devait pas persister et les sanctions américano-européenne, qui avaient pour mission d’«achever» l’ours russe, étaient le garant d’une continuité des livraisons de gaz, notamment. Malheureusement, l’histoire ayant toujours prouvé que l’on sait quand une guerre commence mais jamais quand elle s’achève, celui qui commence à être un bourbier ukrainien ne l’est pas uniquement pour l’armée russe et menace d’engloutir toute l’Europe, surprise de sa dépendance énergétique et de sa fragilité en armement. Les populations européennes qui n’étaient pas très en verve pour des sanctions visant à mettre la Russie à genoux commencent à se retourner contre leurs dirigeants qui les ont plongés dans une spirale inflationniste et de pénurie dont on ne voit actuellement aucun bout de tunnel. Les prix à la pompe et les étalages faméliques des grandes surfaces ne sont que la partie visible d’un iceberg qui menace de tout faire voler en éclats. La lointaine Sri Lanka qui n’a pourtant aucun rôle dans la guerre économique russo-européenne vient d’en faire les frais, son président ayant été obligé de jeter l’éponge devant la furie de son peuple, fatigué de supporter des augmentations de prix et des disettes qui n’en finissent pas.
Les perspectives de revoir le flux de gaz russe revenir en Europe s’amincissent de jour en jour jetant le discrédit sur l’Union européenne, ravivent le retour en force de la guerre froide et réduisent la population européenne à un statut de quémandeur d’un autre plan Marshall avec un oncle Sam qui se frotte déjà les mains.