Les islamistes shebab ont mené hier un attentat à la voiture piégée contre un hôtel du centre de Mogadiscio, suivi d’une attaque par des combattants shebab armés qui a fait au moins 28 morts et de nombreux blessés, parmi lesquels des journalistes arrivés sur les lieux après la première explosion.

« Le nombre de victimes que nous avons recensées aujourd’hui est de 28 morts et 43 blessés. C’est ce que nous avons confirmé avec nos équipes, mais il y a aussi d’autres ambulances qui ont transporté des victimes, mais je ne sais pas combien », a déclaré à l’AFP Abukadir Abdirahman Adem, chef du principal service d’ambulances de la capitale.
L’attaque a commencé en début de matinée. Une voiture piégée a été lancée contre une des entrées du périmètre de sécurité de l’hôtel Dayah, fréquenté par des hommes politiques et situé près du Parlement et de la présidence. Plusieurs hommes armés ont ensuite pénétré dans l’enceinte de l’hôtel et commencé à échanger des coups de feu avec les gardes de sécurité, a indiqué un responsable de la police, Ibrahim Mohammed. Alors que les services de secours, des policiers et des journalistes étaient arrivés sur place, une seconde explosion d’un véhicule laissé aux alentours a eu lieu. Au moins quatre journalistes ont alors été blessés, dont un photographe de l’AFP, qui a été légèrement touché à une épaule et à une jambe par des éclats. Une vidéo tournée par un journaliste de l’AFP montre une déflagration puissante à quelques mètres des lieux de la première attaque, où se tenaient des soldats et quelques civils. «Deux hommes armés ont été tués et la zone est sous le contrôle des forces de sécurité», a ajouté le responsable de la police. Les islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont revendiqué ce double attentat via leur compte Telegram. « Les combattants moudjahidines ont attaqué un hôtel et réussi à entrer dans l’hôtel après avoir fait exploser une voiture remplie d’explosifs pour s’ouvrir le passage », ont-ils déclaré. Les shebab ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu à bout de bras par la communauté internationale et protégé par la force de l’Union africaine, l’Amisom, forte de 22 000 hommes.