Mettant en avant les manœuvres de l’occupation sioniste visant à compromettre le projet d’édification de l’Etat palestinien souverain, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités historiques.

PAR NAZIM BRAHIMI
Si ce n’est pas la première fois que Tebboune exprime le constant soutien de l’Algérie pour la cause palestinienne, il ne fait point de doute qu’il a « musclé » son discours dans lequel, en plus d’avoir réitéré la position de l’Algérie, a mis en avant la responsabilité de la communauté internationale notamment les pays puissants.
C’est ce qui ressort manifestement de son intervention à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, M. Tebboune a réitéré le soutien de l’Algérie à la lutte du peuple palestinien pour « le recouvrement de tous ses droits spoliés ». Tebboune a appelé à cette occasion la communauté internationale à « assumer ses responsabilités historiques envers la violation par l’occupation sioniste de la légalité internationale et ses manœuvres visant à imposer la politique du statu quo, à se soustraire de ses engagements et à priver d’effet les conventions en vue de saper le projet d’édification de l’Etat palestinien souverain ».
Le chef de l’Etat, qui a mis en avant « une reconnaissance d’une injustice historique dont souffre le vaillant peuple palestinien dans sa lutte légitime pour le recouvrement de ses droits spoliés », a souligné que « le statut de la cause palestinienne au regard des crimes perpétrés par les forces d’occupation sioniste interpelle la communauté internationale à consentir davantage d’efforts ».
Il s’agit pour le premier magistrat du pays « d’amener l’ONU, notamment son Conseil de sécurité, à honorer ses engagements en matière de défense du droit et de l’ordre internationaux, à œuvrer à demander des comptes à l’occupation sioniste sur les dépassements et les violations commises contre le peuple palestinien et à assurer la protection internationale pour ce peuple ».
Pour M. Tebboune, la communauté internationale est appelée à « remédier » à cette situation en « renonçant à la politique de deux poids deux mesures et à assumer ses responsabilités historiques et juridiques ». Il a appelé, pour cela, la communauté internationale à « faire pression sur l’occupant israélien pour l’amener à se conformer totalement à la légalité internationale, afin d’éviter les conséquences de la situation actuelle et ses retombées directes sur l’instauration de la paix et la sécurité au double plan régional et international ».
Il faut souligner que le président Tebboune a plaidé, lors de la 75e session ordinaire de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) à New York, « le droit du peuple palestinien d’établir un Etat avec El Qods comme capitale n’est pas négociable », ajoutant que « la question palestinienne reste pour l’Algérie et son peuple, non seulement une cause sacrée, mais également centrale ».
« Nous réaffirmons notre soutien indéfectible au peuple palestinien, à sa juste cause et à son droit inaliénable à l’établissement de son Etat indépendant et souverain avec Jérusalem pour capitale, partant de notre conviction que son règlement constitue la clé de la stabilité au Moyen-Orient », a-t-il soutenu.
Si le soutien de l’Algérie à la cause palestinienne ne laisse pas de place à l’équivoque, les derniers développements diplomatiques et géostratégiques notamment la rupture des relations algéro-marocaines et le rapprochement entre Rabat et Tel-Aviv semblent avoir donné beaucoup plus de tonus au soutien de l’Algérie pour la Palestine.
L’Algérie « ne participera pas à la course à la normalisation avec Israël », avait affirmé le chef de l’Etat au mois de septembre dernier, pendant que les Emirats arabes unis et le Bahreïn signent les accords de normalisation avec Israël.
Récemment, c’est le président du Sénat, Salah Goudjil, qui a réagi à l’accord de coopération militaire signé par le Maroc et Israël, considérant que « «c’est l’Algérie qui est visée», ajoutant que «les ennemis se mobilisent de plus en plus pour porter atteinte à l’Algérie ».