A l’occasion du mois de Ramadhan, un vibrant hommage est rendu à trois icônes de la chanson chaâbie, à savoir Cheikh Amar Ezzahi, Cheikh Amar Lachab et Cheikh H’cen Saïd, du 17 au 19 mai, sur l’initiative de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc) en partenariat avec le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi.

La première soirée, qui s’est tenue avant-hier dans la grande salle du TNA, s’est voulue un hommage au maître de la chanson chaâbie, Amar Ezzahi, ressuscité sur scène à travers son parcours et l’interprétation des perles de son répertoire par la nouvelle génération d’interprètes chaâbis. Au programme de cette soirée, le public a découvert en quelques minutes, à travers la projection d’un film documentaire, la vie et l’œuvre de l’artiste. La seconde partie de la soirée a été, quant à elle, consacrée à l’animation musicale avec les jeunes artistes de la nouvelle scène chaâbie, Mokhtar Achouri, Noureddine Allan, Yacine Lounissi, Youcef Nassim ou encore Zoheir Mazari qui ont repris les plus grands morceaux du regretté Amar Ezzahi.
Le public peu nombreux a été satisfait de cette belle soirée que l’un d’entre eux décrit être à la hauteur des attentes. «Cette soirée m’a plongé dans les ambiances familiales d’antan. J’ai apprécié chaque moment, car je sais que ce genre de manifestation, on ne peut y assister que durant le mois de Ramadhan et c’est vraiment dommage», dira Belkacem, venu en famille. La soirée s’est terminée avec un récit poétique déclamé par le grand poète populaire contemporain Yacine Ouabed.
En marge de cette soirée, Rachid Briki, chef du département musique et spectacles vivants à l’Aarc, nous déclare que la mission de l’Aarc ne se limite pas à organiser des spectacles. « Au mois de Ramadhan, on organise plusieurs événements et cela selon la tradition de ce mois béni. Nous organisons en outre des soirées musicales dans tous les genres traditionnels, tels que le chaâbi, l’andalou et autres ». Il ajoutera que «cette fois, nous avons voulu rendre hommage à ces trois grandes icones de la chanson châabi, à travers trois soirées, Cheikh Amar Ezzahi, Cheikh Amar Lachab et Cheikh H’cen Saïd. D’abord, on les dédie à leurs mémoires mais aussi pour donner une occasion aux jeunes, qui viennent de plusieurs wilayas, de montrer ce qu’ils savent faire et leur donner une chance pour que le public algérien les connaissent». M. Briki dira également qu’«avant, il y avait le festival de la chanson chaâbie qu’organisait Abdelkader Bendamèche, là, c’est un événement qui lui ressemble un peu et dans la même configuration. Le plus important, c’est aussi de donner une chance à cette jeune génération, car c’est une musique qu’on est obligé de sauvegarder et la meilleure manière de le faire et d’organiser ce genre d’événement». Il poursuivra : « Nous avons également un autre programme à Dar Abdelatif, où nous accueillerons un concert de musique, animé par le grand chanteur Baâziz, ce 23 mai. Deux autres associations, à savoir les Beaux-arts et El Djenadia, seront avec nous les 24 et 25 du même mois. Nous entamerons cette initiative par une soirée de l’artiste Samir Toumi le 1er juin prochain. »
Rachid Briki souligne, à propos des activités de l’Aarc à l’international, que «nous organisons des soirées à Paris, comme au Cabaret sauvage qui a abrité un concours et un hommage à Kamel Messaoudi. Nous faisons aussi souvent des événements au Centre culturel algérien en France, et aussi du chaâbi dans d’autres villes, comme à Barcelone ». Il nous annonce pour conclure que l’Aarc organisera, au début de septembre prochain, un hommage à Rachid Taha à Oran, qui est sa ville natale, et à Alger, pour la commémoration de sa disparition le 12 septembre dernier.