En dépit des campagnes de sensibilisation et des dispositifs de contrôle, les pétards continuent d’être vendus au vu et au su de tout le monde et de faire des victimes.

A une semaine de la célébration du Mawlid Ennabaoui, le bruit des pétards rappelle, comme chaque année, que la vente des produits pyrotechniques est toujours florissante malgré leur interdiction. Les quartiers populaires, les grandes artères commerciales d’Alger, à l’image de l’avenue Djamaâ Lihoud, Bab El Oued et Messonnier, témoignent que l’interdiction n’a pas été, en fin de compte, concrétisée réellement, sinon, comment expliquer que cette marchandise reste toujours aussi disponible ?
Pas plus tard qu’hier, 37 000 unités de pétards dangereux de différents modèles ont été saisis par les services des Douanes dans la wilaya de Sétif. Une quantité qui s’ajoute aux 62 millions de pétards et autres unités de produits pyrotechniques saisis durant les quatre derniers mois à travers le territoire national.
Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, avait même indiqué que le montant des amendes imposées, dans le cadre de la lutte contre l’importation des produits pyrotechniques, durant l’année 2017, s’élevait à 294 millions de dinars, suite à la confiscation de près de 450 000 unités de ces produits prohibés. Il a affirmé que la lutte contre la vente de ces produits, qui menacent l’économie nationale et la santé publique, est l’«une des préoccupations majeures des pouvoirs publics», ajoutant, qu’en 2005, un cadre juridique a été défini dans ce domaine. A savoir l’ordonnance 06-05, relative à la lutte contre la contrebande, «en vertu de laquelle l’Etat s’engage à soutenir tous les moyens et les mécanismes de lutte contre la contrebande, sous toutes ses formes, notamment des produits sensibles tels que les produits pyrotechniques ».

« Mharek.com »
Chaque année, des millions d’unités de pétards sont saisis. Mais, à chaque fois que l’occasion se présente, ces produits nocifs inondent le marché informel. La rupture des stocks pour de nombreux produits pyrotechniques ne semble pas déranger les jeunes, puisqu’ils peuvent s’en procurer via un simple clic. En effet, après l’électroménager, les voitures et autres produits, c’est au tour des produits pyrotechniques d’envahir la Toile. Une méthode « ingénieuse » pour contourner plus ou moins l’interdiction de vente qu’essayent d’instaurer les autorités. Ainsi, certains petits malins du Net y ont trouvé le moyen idéal pour écouler leurs marchandises en toute sécurité. La majorité de ces vendeurs ont même ouvert des pages Facebook dédiées spécialement à leurs marchandises, avec des photos comme dans un magasin. On cite la page «vendeur de fumigènes», qui est très cotée chez les supporters de football, qui viennent y faire le plein à la veille de chaque week-end footballistique. Sur le net, les petits contrebandiers ne risquent pas de voir leurs marchandises saisies par la police, comme c’est le cas quand on les étale sur le trottoir. En plus, il faut dire qu’il n’y a aucun contrôle sur Internet.