Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a annoncé, jeudi, qu’un large partenariat pour la SNVI est en cours d’élaboration, confirmant la volonté de l’Etat de soutenir davantage ses entreprises, en dépit de la tension financière que traverse le pays.

Il n’a pas détaillé le projet de l’Etat pour la SNVI, encore moins cette notion de large partenariat dédié à renforcer les capacités industrielles de ce groupe, mais tout porte à croire qu’il y aura probablement de nouveaux accords à conclure dans les mois à venir. Le dernier en date a été conclu en avril dernier avec le groupe français Alstom ; il s’est agi d’étudier « la faisabilité de coopération dans le secteur des bus. A priori, la réflexion va porter sur les composants qu’Alstom pourrait apporter pour accompagner le développement de la SNVI dans l’électrique ». La Société nationale de véhicules industriels, restée dans le giron de l’Etat depuis son origine, a connu ces dernières années des changements majeurs, notamment après l’accord conclu avec l’allemand Mercedes Benz pour la production de bus ; le premier bus issu de ce partenariat est sorti des usines de la SNVI en 2015. A l’issue de la même année, la production du groupe public des véhicules industriels a grimpé à près de 1200 unités. Et c’est alors que des velléités de renforcer son réseau à l’export ont été clairement annoncées par l’Etat propriétaire. Mais l’entreprise allait passer une zone de turbulences ; les conflits sociaux et les difficultés financières vont peser sur la dynamique de production, assombrissant les perspectives de la SNVI qui, pour survivre à ces nouvelles difficultés qui pointaient à l’horizon, allait se faire renflouer par un consortium de cinq banques publiques. Environ un milliard de dollars a été injecté dans l’entreprise en février 2016. Le conflit social reste encore aujourd’hui au cœur du débat quant à l’avenir de l’entreprise. Jeudi, lors de l’inauguration de la foire dédiée à la production nationale, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a tenté de crever l’abcès, faisant remarquer que la survie de la SNVI, qui fait face désormais à la concurrence de l’importation et au défi de satisfaire les besoins du marché national, est entre les mains de ses travailleurs. Une manière, propre à lui, de mettre les effectifs de l’entreprise devant leurs responsabilités, tout en annonçant la volonté de l’Etat de renforcer les capacités industrielles du groupe. Le Premier ministre a ainsi appelé les travailleurs de ce « patrimoine industriel national » à redoubler d’efforts pour atteindre l’objectif escompté, à savoir la couverture des besoins du marché national et la limitation de l’importation ; un message mariant les défis et les menaces auxquels fait face la SNVI. Plus explicite, Ahmed Ouyahia a indiqué que « certains opérateurs exigent du gouvernement des licences d’importation du matériel qui leur est nécessaire car en manque sur le marché local. Mon message aux travailleurs est de redoubler davantage d’efforts. Nous comptons établir un large partenariat. Personne n’entravera l’avenir du complexe industriel qui est un patrimoine du peuple algérien ou les salaires des travailleurs, alors que le partenaire social a réagi à ce sujet. Donc, une solution s’impose à ce problème en suspens depuis plus d’une année. » Dit autrement, avec un retour au calme tant souhaité, la SNVI pourrait envisager « un large partenariat » pour aller de l’avant et satisfaire un marché local qui lui est naturellement quasi-acquis compte tenu de la volonté du gouvernement de limiter les importations. n