Les professionnels du rail se sont mis en grève hier pour revendiquer une revalorisation du point indiciaire qui sert à calculer leur salaire brut. Ce virage social risque de durcir le bras de fer opposant le syndicat à la direction de la SNTF.

Par Bouzid Chalabi
Alors qu’il n’a eu de cesse de revendiquer un point indiciaire 82, relatif au Salaire national minimum garanti (SMIG), le Syndicat national des cheminots apprend qu’il sera examiné ultérieurement. Devant cet état de fait, un mouvement de grève s’est déclenché hier, paralysant ainsi le trafic ferroviaire sur tout le réseau de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF).
En somme, c’est un bras de fer qui s’annonce entre les cheminots et leur Direction générale. D’un côté comme de l’autre, on dit ne faire aucune concession. L’argument avancé par la Direction générale «a tout l’air d’un faux-fuyant», déplore un membre du bureau du syndicat, approché hier par Reporters, qui a tenu à garder l’anonymat dans l’attente d’une réaction officielle du bureau. Pourquoi remettre à plus tard l’examen de la revendication du point indiciaire 82, «alors que tout portait à croire que ce point indiciaire 82 allait leur être accordé suite aux négociations entre les deux parties ?», s’interroge notre interlocuteur.
Cela dit, il convient de rappeler que la SNTF a annoncé, samedi dernier dans un communiqué adressé à l’ensemble de ses employés, l’application du décret présidentiel fixant le SMIG à 20 000 dinars à compter de juin 2021. Précisant qu’en application du décret présidentiel 21-137 du 7 avril 2021, fixant le Salaire national minimum garanti (SNMG) et, conformément aux dispositions de l’article 52 de la convention collective de la société, le SNMG fixé à 20 000 dinars, point indiciaire 80, est appliqué à compter de juin 2021». Concernant le point indiciaire 82 revendiqué par le personnel, la SNTF explique qu’il sera étudié ultérieurement et seulement sous l’angle de l’augmentation du salaire de base et de l’actualisation de la grille des salaires. Elle a, par ailleurs, souligné dans son communiqué qu’il existe une différence entre le SNMG fixé par le décret présidentiel susmentionné et qui est non négociable, et le salaire de base qui est négociable en fonction de la situation et de la spécificité de chaque entreprise. Concernant l’effet rétroactif de cette augmentation à compter de juin 2020, la même source a rappelé que le partenaire social avait été invité à la table des négociations, en mai dernier, pour la mise en place d’un échéancier de versement des rappels aux travailleurs en tenant compte de la situation financière «critique» que traverse la société. Dans ce cadre, la Direction de la SNTF a tenu à souligner son attachement à la préservation de la société et des acquis des travailleurs dans le respect des dispositions et des lois en vigueur.
Notons toutefois que la Direction générale de la SNTF explique, dans un communiqué, que la cause des perturbations est due au refus de travailler de certains conducteurs de train et autres personnels sans préavis. De ce fait, elle s’excuse auprès de sa clientèle du désagrément causé. De son côté, le Syndicat national des cheminots a annoncé, dans un communiqué, une grève générale et illimitée. Et où il accuse le Directeur de l’entreprise par intérim de nombreuses violations, notamment de compromettre les acquis syndicaux, et socioprofessionnels des travailleurs, de ne pas avoir réglé les dossiers des travailleurs arbitrairement expulsés malgré leur réintégration le 18 avril, d’ignorer les droits des travailleurs et de tenter d’annuler et de suspendre le travail de l’accord spécial de congés de quarantaine payés. Le Syndicat national des travailleurs du transport ferroviaire demande l’intervention des autorités syndicales publiques et centrales pour révoquer le Directeur général afin de préserver les acquis syndicaux et socioprofessionnels des cheminots et de leurs familles. n