Troisième grève surprise hier des cheminots de la banlieue d’Alger en l’espace de quarante jours. Conséquence : le trafic des trains de banlieue et de grandes lignes de et vers Alger était quasi à l’arrêt.

Par Bouzid Chalabi
Une récurrence d’actions de grève qui commence à agacer les usagers du transport par rail. Hier, sur les quais de la gare d’Agha, le mécontentement des utilisateurs des trains de banlieue Est et Ouest était visible, estimant à l’unanimité que ces grèves surprises à répétition leur créent de pénibles désagréments. Certaines personnes approchées par Reporters au niveau de la gare d’Agha aux heures de pointe n’ont pas caché leur mécontentement des grèves surprises. Ils se demandent «pourquoi les cheminots n’informent pas à l’avance et usent de la voie légale, c’est-à-dire annoncer un préavis de grève, afin de ne pas vivre ces désagréments». Un travailleur à la SNVI de Rouiba prend la défense des cheminots, certainement en connaissance de cause : «Les grèves surprises sont décidées par les travailleurs quand toutes les voies de dialogue avec la direction générale n’aboutissent à aucune résolution palpable sur le terrain. De plus lorsque les engagements pris par la direction restent sans effet, il ne reste plus que les grèves surprises dans le but de se faire entendre. C’est apparemment le cas pour les cheminots d’Alger. Pour preuve, c’est la troisième grève surprise depuis la première quinzaine du mois de septembre dernier». Et de conclure qu’«il faudra que les deux parties se concertent sérieusement pour mettre un terme à ces arrêts de travail à répétition et inopinée car il s’agit de répondre aux besoins de transport au quotidien des personnes qui se rendent aude travail».
Par ailleurs, selon une source, la cause de cette énième grève relève du fait que le nouveau plan d’exploitation du trafic banlieue comme décidé par la Direction générale de la société nationale de transport ferroviaire ( SNTF) n’a pas été approuvé par une majorité de cheminots du centre du pays. «Ces derniers mettent en avant une charge de travail supplémentaire au moment où leurs revendications portent notamment sur le point indiciaire d’une certaine catégorie de cheminots qui n’est toujours pas réglée en dépit des promesses de la Direction générale. Depuis, rien n’a été fait dans ce sens. Ajouter aux autres revendications formulées et adressées à la Direction générale et qui sont jusqu’ici restées sans réponse, il n’en fallait pas plus pour que les syndicats décident de réagir par cette grève surprise jugeant que c’est le seul moyen qu’il reste pour se faire entendre», confie notre source.
Cela dit, il y a lieu de savoir à propos de la grève surprise d’hier que la Direction générale a émis un communiqué sur sa page facebook comme cela est d’usage dans pareille situation. On lit ainsi que «la SNTF a enregistré un arrêt de travail sans préavis de certains cheminots de la banlieue d’Alger». La SNTF a avisé ses usagers qu’un service minimum est assuré.
Notons enfin qu’aux dernières nouvelles, une réunion de concertation entre les deux parties s’est tenue hier mais d’où rien n’a filtré si ce n’est que le trafic ferroviaire pourrait reprendre en fin d’après-midi si les syndicats et la Direction générale arrivent à un accord, du moins en ce qui concerne la reprise du mouvement des trains de banlieue. <