Un couperet. C’est ce qui est tombé sur la tête des syndicalistes de l’usine d’El Haria, à 25 km du chef-lieu de wilaya. Après plusieurs tentatives pour les avoir au bout du fil, nous avons enfin eu un écho à nos appels.

Et, surprise ! Les syndicalistes ne sont pas au courant que le Conseil des participations de l’Etat (CPE) avait validé l’accord pour l’élargissement du partenariat industriel entre le Groupe Madar (ex-SNTA) et l’entreprise mixte United Tobacco Company (UTC).
« On se doutait, nous étions même sûrs que notre entreprise allait être bradée. Cela se confirme aujourd’hui, après plusieurs mois de jeu de cache-cache. Nous avons eu la certitude que quelque chose d’inaccoutumée se tramait au sein de notre unité de production, où s’empilent des stocks de grosses de cigarettes et de sachets de tabac à priser. Nous n’avons trouvé qu’un pâle soutien auprès de nos collègues des autres unités, surtout après que le PDG ait jeté l’opprobre sur les «travailleurs de l’Est», tentant de diviser pour régner. Et apparemment, il a réussi ».
Pour rappel, les travailleurs de la plus importante unité de production de la SNTA ont observé plusieurs sit-in ces derniers mois, contestant énergiquement le désir de leur direction et tutelle de « brader leur entreprise pourtant loin d’être bancale » au profit d’un partenaire émirati, cité plus haut, qui est déjà actionnaire dans l’entreprise algérienne à hauteur de 49%.
D’ailleurs, une pétition, encore une, a été signée le 22 mars dernier par quelque  900 travailleurs dénonçant la cabale contre les intérêts des travailleurs. « Cette pétition, soutiennent les syndicalistes est aussi un appel que nous lançons au président de la République pour sauver la SNTA du sort dissimulé que certains voudraient lui réserver. »
Nous aurions voulu avoir l’avis d’un des dirigeants de la SNTA d’El Haria, mais tous se réfugiaient derrière la méconnaissance ou l’absence d’éléments pour commenter la décision de « cession », pour certains, et « location », pour d’autres.
Pour le CPE,  il s’agit de la location (et non pas la cession, comme avancé par certaines sources) des installations et des licences de l’ex-SNTA à UTC contre paiement de 3,5 milliards de dinars par an, avec la modernisation des installations et méthodes de la société publique. Il est à préciser que la société UTC est une entreprise mixte algéro-émiratie avec 51% d’actions algériennes et 49% d’actions émiraties.
Les syndicalistes, encore groggy, laissent entrevoir une concertation et des réunions « au plus haut niveau » pour essayer de vérifier, puis de cerner les tenants et les aboutissants de «  cette affaire ».
En tout cas, la protesta par le biais de sit-in sera toujours de mise en attendant d’adopter d’autres actions « plus musclées » en fonction des nouvelles donnes.
En tout cas, la fumée n’est pas prête de s’estomper du côté de la SNTA !