Par Nadir Kadi
A la veille de la présentation du «Plan d’action du gouvernement» aux députés de l’APN, le président de la «Commission des Affaires économiques, du Développement, de l’Industrie, du Commerce et de la Planification» Smaïl Kouadria, a estimé, hier, que le texte de près d’une centaine de pages ne comportait que très peu de nouveautés : «Pour être exacts, nous estimons que ce plan est identique aux précédents (…) mais nous restons positif.»
Le responsable, interrogé sur les ondes de la chaîne 1 de la Radio nationale, est ainsi apparu peu satisfait par le texte dévoilé par le gouvernement au début du mois. Il ajoute : «Pour le moment, c’est de la dissertation, c’est de l’encre sur du papier (…) Nous attendons les textes d’application qui devraient concrétiser les choses. Montrer comment ces engagements pourraient être mis en application.» En ce sens, le responsable, qui promet un débat de fond, s’attend à ce que la lecture par le Parlement du «Plan d’action du gouvernement», puis des textes d’application qui suivront, soit pleine et entière ; tout particulièrement en ce concerne «le volet économique, axé sur les explorations hors hydrocarbures, ainsi que les nouveaux mécanismes de financement».
Le responsable de la commission et membre du parti Front El-Moustakbal estime en effet que le rôle de l’APN a changé, alors qu’auparavant, «le Parlement n’était qu’une instance consultative, son avis n’était pas forcément pris en compte (…) J’espère que le gouvernement a tiré les leçons du passé et des attentes du mouvement populaire». Smaïl Kouadria annonce en ce sens : «La nouvelle Assemblée réunit des députés compétents (…) Je m’attends à des échanges, des interventions de qualité. Le but est aussi de montrer au gouvernement de Aïmene Benabderrahmane que dans cette Algérie nouvelle, il y a une Assemblée de qualité qui sait ce qu’elle dit.» Quant au plan en lui-même, Smaïl Kouadria estime qu’il reste tributaire de la qualité des textes d’application qui le mettront en œuvre : «Nous n’avons pas encore vu les textes d’applications, ce sont eux que nous attendons.» Ajoutant plus loin, l’engagement du gouvernement de les présenter dans «les plus brefs délais est déjà une preuve de sa bonne volonté». Quant aux engagements économiques scrutés par la commission de l’APN, Smaïl Kouadria note un élément au moins positif : «L’économie du savoir et la promotion de la création sont un aspect du plan du gouvernement (…) C’est un objectif nouveau pour le gouvernement et cela est à saluer. Nous estimons que ce genre d’opportunités que l’on peut donner à nos jeunes est aussi une façon de lutter contre l’émigration.»
Par ailleurs, le président de la Commission des Affaires économiques, du Développement, de l’Industrie, du Commerce et de la Planification a, également, relevé hier que certains points du «Plan d’action du gouvernement», à l’image de «la stratégie nationale pour le transfert de technologie» ou encore «l’encouragement aux investissements dans des secteurs nouveaux»… sont des idées qui feront évoluer l’économie. Cependant, de tels programmes méritent des textes d’application «rationnels et totalement libérés de la bureaucratie (…) Cela a toujours été le problème en Algérie, les textes d’application ont toujours été porteurs de problématiques et d’obstacles». Une situation qui n’aurait pas été innocente pour Smaïl Kouadria : «Souvent cela avait pour but d’encourager des entreprises étrangères.» Il regrette également que le «Plan d’action du gouvernement» ne comporte, pour le moment, que très peu de chiffres, «il ne donne que des indicateurs globaux». Smaïl Kouadria a appelé à «stabiliser» le climat des affaires en limitant à l’avenir les interventions intempestives de l’Etat : «J’ai toujours estimé que le problème en Algérie n’est pas économique mais bien au niveau de la mentalité économique (…) Dans de nombreux cas, la bureaucratie domine, l’investisseur ne peut pas être rassuré, d’autant plus que toutes les semaines ou tous les mois, de nouveaux décrets ministériels paraissent.» Et dans cette même logique, le responsable de la commission de l’APN a aussi abordé hier le sujet de la prochaine «loi sur l’investissement» qui devrait être soumise au Parlement. Ainsi, le «principal obstacle» pour Smaïl Kouadria sera de revoir les modalités de gestion du foncier industriel, expliquant en substance : «Auparavant, les walis étaient responsables du foncier (…) La manière dont est distribué le foncier industriel devra être revue, il ne faut plus que des projets soient implantés dans des régions qui ne conviennent pas et sans études préalables.» <