Montagne, mer, forêt, sable blanc, un mélange de paysages diversifiés et naturels, Tamanart a tout d’une carte postale ! Elle fait partie des plus belles plages de la chaîne côtière algérienne.
Située dans la commune de Collo, dans la wilaya de Skikda, Tamanart est désormais accessible depuis l’an dernier. Fermées durant la décennie noire en raison des conditions de sécurité, les deux principales plages de Tamanart, classées parmi les plus belles du pays, connaissent, ces derniers jours, un afflux exceptionnel d’estivants, attirés par l’isolement et la nature vierge.
Situé sur le littoral colliote, ce coin paradisiaque est niché dans un écrin de nature bleu-vert sauvage aux pieds des montagnes, sur les côtes Est de Rusicada. Entourée d’une pinède riche offrant une végétation arbustive et herbacée luxuriante. Tamanart est parsemé d’une multitude de criques aussi somptueuses les unes que les autres. De belles plages de dimension diverses, qui s’adaptent aux besoins des vacanciers, et de quoi se sentir dépaysé.
Disposant de deux plages principales surveillées et d’une vingtaine d’autres isolées, situées à environ 1,5 km de la commune de Cheraia, à l’ouest de la ville de Collo, c’est une zone touristique par excellence. Le calme et la beauté de cette petite ville ont fait d’elle une destination très prisée des familles et des touristes.

Détente et dépaysement garantis
Il est environ 6h du matin, ce vendredi 14 août. Le soleil a fait son apparition dans un ciel bleu et dégagé qui brille sur la mer, calme et limpide. Un léger brouillard couvre encore les sommets des montagnes qui entourent Collo. A la plage de Aïn Doula, le calme règne encore. Seul un agent du complexe Bougaroune se trouve sur les lieux, perturbant le calme qui régnait sur ce rivage qui s’étire sur plus de 1 000 mètres en s’activant à installer des tables et chaises sur la plage, avant l’arrivée des estivants. Cette anse, située en bordure de la ville de Collo, est le principal point d’accès à la commune de Tamanart. Malgré une réfection, la route qui mène à Tamanart à travers les montagnes, demeure dangereuse dans certains tronçons. Nids de poule et affaissement dans certains axes. Outre, le manque de barrières et pare-blocs ce qui rend cette route un peu difficile.
A 7 km à l’ouest de Collo, ce chemin de falaises et malgré les risques, vous accorde une pause pittoresque, dépaysante et relaxante indescriptible. Il vous permet de découvrir des véritables joyaux naturels cachés de cette partie des criques comportant forêts, cascades, ponts suspendus, oued d’eau douce, logé dans un écrin de nature sauvage. Ici, un seul souhait vous obsède, c’est que le voyage s’éternise pour pouvoir contempler aussi longtemps que possible la beauté des paysages et inhaler les parfums enivrants des arbres et plantes et leurs vertus relaxantes.
La route vers Tamanart est un voyage au milieu d’une vaste étendue boisée et couverte, constituée de plusieurs peuplements d’arbres et de plantes. Cette partie du massif montagneux de Collo est dominé par les forêts de chênes-lièges (suberaies) et de pins maritimes qui assurent environ 30% de la production nationale du liège. Le merisier sauvage, le peuplier blanc, les eucalyptus, le châtaignier commun, l’olivier d’Europe et d’autres espèces font partie du patrimoine forestier dont regorge le massif forestier de Collo. Un lieu idéal pour campement en méditant à la fois la verdure et la mer bleu qui l’entourent.
Au milieu de ce paysage pittoresque, l’oued Tamanart vient embellir ce tableau divin et s’ajouter à ce panorama à peine croyable. Ce petit courant d’eau débute sous le col de Terras, au pied de Zitouna, est couvert de végétation arborescente et plantation diversifiée. La deuxième route qui mène à Tamanart et qui traverse le centre de la daïra de Cheraia, est difficilement accessible.

Un bijou touristique… mais qui manque de tout
A l’entrée de cette localité on est frappé par la situation catastrophique des lieux. A l’exception des paysages naturels, rien ne donne l’aspect d’une ville touristique. Routes défectueuses, absence d’aménagement, immondices et manque de tout. Dans ce lieu, on a besoin de guide pour atteindre les endroits et plages visés. Aucune plaque et aucun panneau d’orientation. Des pistes que seuls les habitants connaissent.
A quelques minutes de l’entrée de la ville des petits points de vente d’accessoires nautiques sont installés un peu partout sur les deux côtés de la route étroite. D’ailleurs, c’est le seul indice qui nous apprend qu’on est dans une ville côtière sinon, ni de plages aménagées, ni hôtels, ni restaurants, ou fastfoods, ni magasins.
Un peu à l’intérieur de la localité, un magasin d’accessoires nautiques, installé à l’entrée, nous a servi de bureau d’information. Ici, des cannes à pêche pour apprentis et pour professionnels de tous les modèles, se vendent à de bons prix. On trouve également des bouées pour petits et grands, des chaussures de plage, des claquettes, des jouets et casquettes des tapis et matelas sont également vendus dans cet espace modeste et à des prix à la portée de tous.
Pour y séjourner, vous avez deux solutions. Soit vous installer dans les hôtels de la plage Aïn Doula, étant le lieu le plus proche ou louer des logis sur place. Des citoyens proposent des maisons à la location allant de 3 500 DA à 5 000 DA la nuit. La demande est plus élevée que l’offre, nous dit un intermédiaire immobilier. Il faut penser à créer des lieux de résidence permettant d’assurer l’accueil des estivants, dont le nombre a augmenté spectaculairement cette saison, nous a-t-il lancé.
Malgré la beauté des lieux, disposant d’un riche potentiel touristique, les habitants de Tamanart vivent dans la précarité. Ils dénoncent le manque de projets de développement et la marginalisation dont ils sont victimes. Leur ville est restée, selon eux, hors des soucis des responsables locaux.
Ils réclament, entre outre, des projets de développement, notamment de projets touristiques, mais en veillant au respect de la nature et en préservant le cadre naturel de la région. Pour eux, la nature est un point rouge.
Le manque de sanitaires, de douches publiques, d’éclairage, de mauvaise couverture du réseau mobile et l’absence de port maritime, sont d’autres problèmes qui attendent d’être résolus.
«Les jeunes à Tamanart souffrent du chômage. Exceptés la pêche et les petits boulots d’été, ils n’ont rien d’autre à faire et ils chôment le restant de l’année», nous lance Hacene, un militant de l’environnement et gérant de la page facebook «Tamanart live».

El Quebiba, un paysage à couper le souffle
Tamanart est connue surtout pour ses plages de sable blanc fin, ses eaux turquoises et transparentes et les hautes falaises qui l’entourent, qui en font un lieu prisé des touristes. En plus des deux plages principales, Tamanart dispose de plus de 24 autres plages, isolées et inaccessibles que par la forêt ou par la mer. En effet, elle regorge de magnifiques plages réputées mondialement, dont la baie d’El Quebiba, qui est sans doute la meilleure.
Très difficile d’accès par la montagne, le meilleur moyen d’y parvenir est par la mer, ce qui la rend encore plus grandiose à l’arrivée. Accessible par mer en bateau depuis la plage de Tamanart ou le port de Collo, ou en empruntant les sentiers pédestres et pistes à travers les forêts et l‘agglomération d’arbres en descendant de la route touristique Collo- Tamanart supérieure. Vous pourrez donc facilement louer une barque et naviguer une quinzaine de minutes avant de rejoindre cette superbe plage. Une embarcation pour 6 personnes à 1 000 DA en aller/retour pour une distance de 2 km environ. Une courte croisière qui vous permet de découvrir les falaises rocheuses et une crique magnifique et isolée, qui vous coupera du reste du monde. Ici, on se laisse aller au rythme des brises et on se laisse bercer par les flots doux. Sable blanc fin, eau limpide, tout ici invite à la détente et vous assure un délicieux moment de farniente et de lâcher-prise. Un endroit unique d’une beauté incroyable, ou le temps semble s’arrêter. La plage isolée d’El Quebiba enregistre, durant ces derniers jours, des afflux inhabituels d’estivants, séduits par le panorama féérique qu’offre la région.
Les plages isolées et désertes conservent encore leur aspect vierge. Une plage encore complètement intacte et de beauté qui a conservé son charme authentique.
Beaucoup moins fréquentées que les autres plages car pas simple d’accès, elle vous laisse ébloui par son cadre enchanteur, ses petits îlots dispersés, son sable blanc fin bordé de pinède. Caché dans un écrin de forêt magnifique, c’est un véritable havre de paix et de nature. C’est un lieu idéal pour campement, se donnant sur les plus belles plages turquoise.
Juste arrivé, vous n’aurez qu’une envie, sauter dans les eaux turquoises d’une clarté exceptionnelle et découvrir les fonds marins et atteindre les gros rochers méritant à peine le nom d’îlots qui bordent le rivage. Dans ce petit coin paradisiaque, on trouve des petits recoins ombragés par le bois de pins et chênes pour y faire une sieste en toute sérénité.
A rappeler que la wilaya de Skikda, sur 130 km de côtes, compte plus de 40 plages dont 25 autorisées à la baignade. Durant l’été de 2019, les deux plages principales de Tamanar 1 et 2 ont accueilli plus de 95 000 estivants, selon les services de la Protection civile de la wilaya de Skikda.