L’urgence de la réalisation d’un nouveau musée d’archéologie dans la ville de Skikda devient impérative en raison du sérieux état de détérioration dans lequel se trouve l’actuel musée de Skikda, qui subit les éléments extérieurs et plus partiellement l’humidité. La réalisation d’un nouveau musée d’archéologie à Skikda fait, depuis plusieurs années, l’objet d’une requête récurrente et insistante d’un grand nombre de spécialistes afin de sécuriser des antiquités en péril, comme l’a affirmé, samedi dernier à l’APS, l’archéologue et ancien directeur du musée de Skikda, Mahieddine Chebli. «Cela fait près de quarante ans maintenant que les intellectuels de la wilaya de Skikda essaient en vain de convaincre les responsables concernés d’inscrire le projet de réalisation d’un nouveau musée dans le but de sécuriser le patrimoine archéologique de toute la wilaya », a-t-il révélé. A leur grande déception, les passionnés locaux d’histoire et d’archéologie ont longtemps attendu ce projet qui, selon Chelbi, devait initialement voir le jour près de Dar El Moualim, au centre-ville Skikda, pour ensuite changer d’emplacement et être réalisé à la cité Ben Houria, et finira par définitivement tomber aux oubliettes sans qu’aucune explication ne soit donnée. Le musée de Skikda offre l’opportunité à ses visiteurs d’apprécier tout au long de l’année pas moins de 110 objets archéologiques datant de plusieurs époques historiques, faisant de cet endroit le lieu privilégié de bon nombre de chercheurs et d’universitaires, a souligné son gérant, Hakim Tayyar. Au-delà des objets qui y sont exposés, il faut absolument souligner la forte valeur archéologique du musée lui-même qui, déjà à l’époque romaine, servait de réservoir d’eau alimentant les bains de la ville, a indiqué M. Tayar, avant de rappeler que le musée a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 2013. Ce musée a ouvert ses portes au public lors de l’inauguration du centre culturel Hacene-Chebli en 1987, a-t-on encore détaillé. Mettant en avant des trésors archéologiques allant de la préhistoire à l’époque coloniale, en passant par l’époque romaine ou encore punique, l’on peut notamment y découvrir une immense statue d’Antoine le pieux, divers objets funéraires, des colonnes, des ustensiles en terre cuite, ainsi que des manuscrits et de vieux ouvrages.
R. N.