Les responsables du secteur militaire et de la Gendarmerie nationale de la wilaya de Tipasa ont dû se mobiliser pour prêter main forte aux responsables des forêts et ceux de la Protection civile pour éteindre le feu de forêt qui s’est déclenché, avant-hier mardi, au niveau du mont Chenoua ainsi que dans cinq autres espaces forestiers de la partie ouest de la wilaya.

pAR Seddiki Djamila
La présence d’un centre opérationnel de l’armée au sommet du mont Chenoua qui culmine à plus de 900 mètres, ainsi que des habitations, expliquerait probablement l’intervention des militaires qui ont utilisé des hélicoptères pour avoir une meilleure maîtrise de l’étendue de l’incendie qui s’est propagé durant la journée du mardi 6 juillet. La Direction générale des forêts de la wilaya de Tipasa ainsi que la Protection civile, qui étaient déjà sur leur garde, étant donné la canicule et la sécheresse qui sévissent dans la région, ont aussitôt mobilisé tous leurs moyens humains et matériels, afin de pouvoir intervenir au niveau des sites forestiers déjà en flammes, au niveau de 6 communes. Les forestiers, soutenus par leurs homologues de la Protection civile, sont intervenus simultanément pour circonscrire les feux de forêt à Larhat, Hadjret-Ennous, Sidi-Ghilès, Sidi-Semiane, Cherchell (Aizer) et Tipasa, (mont du Chenoua).
Au moment où nous mettions sous presse, un premier bilan est disponible faisant état de 10 ha de forêts de pin d’Alep et de broussailles ont été enregistré au niveau des forêts de Aizer, située à Cherchell, et de Hadjret Ennous, tandis que ceux qui se sont déclarés dans les quatre autres communes sont maîtrisés mais pas encore éteints. Comme il est de tradition dans ce genre de situation, aucun responsable n’est joignable pour avoir un état des lieux actualisé.
Les responsables des forêts et de la Protection civile ont mobilisé les moyens de l’ensemble des unités d’intervention ainsi que la colonne montante pour faire face à la situation. Celle-ci, comme chacun pourra le constater, est marquée par une sécheresse importante dans la wilaya qui a, de surcroît, enregistré des vents forts dans la nuit de mardi qui ont vite fait de propager les flammes qui se sont déclarées simultanément dans six communes de la wilaya.
Les supputations ne manquent pas et sont allées bon train quant à l’intervention de mains criminelles pour faire feu de tout bois qui, pour s’approvisionner en charbon, qui pour saboter et créer la panique et l’insécurité dans le pays mais, pour le moment, rien ne le prouve et il faudra attendre que les feux soient circonscrits pour le savoir et faire le bilan des dégâts. Le mont Chenoua, rappelons-le, a déjà eu un premier feu au début du mois de juin qui a détruit 25 ha. Selon un bilan de la circonscription des forêts, depuis l’ouverture de la campagne d’incendies le 1er juin, 60 hectares de forêts ont été détruits par le feu.
La vox populi s’est déchaînée pour faire des analyses de la situation d’autant que le souvenir des incendies criminels de novembre 2020 est encore présent dans les mémoires des Tipasiens. Il faut se souvenir que la nuit du 6 au 7 novembre 2020 restera gravée, comme un souvenir tragique face à l’horreur des incendies qui ont fait rage en plein automne, c’est-à-dire à la clôture de la saison des feux, déclenchés simultanément dans 11 wilayas du pays, causant d’importantes pertes matérielles et la mort de deux personnes à Tipasa. Un acte, dont les enquêtes judiciaires ont confirmé l’intention criminelle visant à déstabiliser le pays.
La région de Gouraya, située à 70 km à l’ouest de Tipasa, a été la plus touchée par ces incendies. Elle a enregistré, la perte de deux personnes, mortes brûlées, et près de 500 ha de forêt et de cultures et 33 500 arbres fruitiers ravagés par les flammes. En tout, une vingtaine d’habitations ont été totalement décimées par les feux avec autant de familles qui se sont retrouvées sans toit, sur un total de 45 familles sinistrées, à l’échelle nationale.
La Conservation des forêts de la wilaya a signalé la mobilisation, à ce titre, d’une enveloppe de plus de 51 millions DA pour le dédommagement «en nature» de la perte de 47 000 arbres fruitiers, selon le conservateur des forêts de Tipasa, Djamel Belaib. La Direction des services agricoles de la wilaya s’est chargée, pour sa part, des dédommagements «en nature» des pertes en ressources animales, estimées à 24 millions DA. Le bilan des services des forêts de la wilaya, du 1er juin au 31 octobre 2020, a révélé que la wilaya a enregistré les plus lourdes pertes de ces dix dernières années, soit 5 000 ha partis en fumée.