Janvier 2013-janvier 2019 ! Mettant en évidence la vigilance dont font preuve les éléments de l’ANP, son chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, est revenu, hier mercredi à Blida, sur la tentative terroriste «avortée» qui a ciblé en 2013, le complexe gazier de Tiguentourine, estimant que la riposte des forces de sécurité constitue «le meilleur exemple».

Le retour du vice-ministre de la Défense sur cet épisode de la lutte antiterroriste dans notre pays, une attaque qui a coûté la vie à 38 personnes, mais dont les conséquences auraient pu être plus graves sans l’intervention d’unités des forces spéciales dépêchées sur place, s’est accompagné d’une allusion à des «parties» qui ont été, selon lui, derrière les dijahidistes qui ont tenté de prendre le contrôle de la plateforme gazière.
Le général de corps d’armée et chef d’état-major de l’ANP,
M. Gaïd Salah, n’a pas précisé de quelles «parties» il s’agit.
Le sens sécuritaire commun autorise néanmoins à estimer qu’il désignait les groupes
djihadistes armés, ces islamo-gangsters qui opèrent encore dans la bande sahélo-saharienne et qui vivent de la contrebande, du trafic des personnes et de toutes sortes d’activités criminelles, en connexion parfois avec d’autres cercles à l’identification difficile mais mettant en scène des acteurs internationaux supposés éloignés  des motivations du terrorisme international d’obédience  islamiste. En un mot comme en plusieurs, Ahmed Gaïd  Salah semble vouloir évoquer, à propos de cette attaque, de possibles commanditaires qui auraient cherché à tester les capacités de réaction et de riposte de nos forces armées. Cette évocation, bien qu’elle soit destinée à un usage interne aux casernes pour utiliser un terme générique, n’a pas moins une portée politique et géopolitique qui intéresse l’opinion nationale dans sa diversité : à savoir la persistance à nos frontières de menaces multiformes face auxquelles l’ANP a développé des capacités dissuasives et défensives importantes dont l’affaire de Tiguentourine a été le marqueur et l’élément d’alerte et d’anticipation à la fois. Le choix de M. Gaïd Salah en ce mois de janvier, un mois anniversaire qui rappelle que l’attaque terroriste a eu lieu il y a six ans, un mois de janvier, vaut pour triple rappel :
le premier est que la menace terroriste demeure importante, le deuxième est qu’elle perdure dans un espace sahélo-saharien qui est loin
d’être stabilisé, en raison notamment du conflit libyen et de sérieuses difficultés auxquelles sont confrontés des pays voisins comme le Mali et le Niger, le troisième est que ce même espace est aujourd’hui – et de plus en plus – le théâtre d’un «grand jeu» international dont les conséquences sur les plans géopolitique et géostratégique peuvent être conséquentes pour la sécurité de l’Algérie.
Autre élément à inscrire au débat auquel invite le chef d’état-major de l’ANP est que la sécurité dans laquelle baigne le pays aujourd’hui – qui peut être dans quelques semaines un élément du débat électoral en vue de la présidentielle du 18 avril prochain – ne tombe pas du ciel.
«Le véritable sens de vigilance, indique M. Gaïd Salah à ce sujet, signifie que l’ensemble soit conscient de la bénédiction de la sécurité qui règne sur les quatre coins du pays, et qu’il sache également que la grande Algérie, terre des millions de chouhada, avec sa glorieuse histoire nationale, mérite de ses fils davantage de conscience, une compréhension parfaite et un discernement intégral et complet des dessous et des dimensions de ce qui entoure notre pays et notre région, en termes d’événements et de mutations accélérées, ainsi que de ce que cela peut engendrer comme défis que nous devons relever, et comme enjeux que nous devons remporter». n